Articles / dossiers

Les gays bientôt chassés du Marais ?

Franck Desbordes

Le Marais gay serait-il en voie de disparition ? Tour à tour, les commerces qui constituent l’épicentre de la vie homosexuelle parisienne, dernier espace communautaire identifié comme tel pour les LGBT, se voient dévorer vivants par l’avidité galopante du monde du profit. Entre enseignes de luxe et résidences secondaires destinées à la location AirBnB et consorts, notre quartier se métamorphose en une succursale de Dubaï, où seule la puissance de l’Argent est maître du jeu. Nous sommes ainsi les témoins de l’extinction galopante et ciblée de nos commerces, dans le silence général et l’indifférence la plus totale.

Coup de tonnerre : la librairie LGBT historique Les Mots à la bouche située dans le Marais, se voit dans l’obligation de quitter les locaux qu’elle occupe depuis des dizaines d’années dans quelques mois. Ce n’est d’ailleurs pas le seul commerce touché par le phénomène de gentrification du Marais. Depuis quelques années, les papiers à sensations s’enchaînent dans les médias grand public : notre gay Marais meurt à petit feu. La chose est effectivement devenue flagrante : un à un, nos commerces, bars et autres lieux de vie et de fête laissent la place à des boutiques luxueuses qu’on a l’habitude de voir Place Vendôme ou sur les Champs-Elysées, des boutiques aux allures de show-room de « grandes » marques, austères, et non de réels espaces de vie commerçante. Mais outre le fait que ces lieux n’apportent aucune vie de quartier, elles n’ont surtout absolument rien que l’on puisse identifier de près ou de loin à la culture LGBT. D’où, pour notre communauté, le sentiment légitime d’être chassée d’un quartier qu’elle a elle-même créé. Mais au-delà de ce sentiment légitime « d’expulsion », le problème est en réalité plus profond pour la communauté LGBT parisienne, nationale, et – c’est paradoxal – in fine pour le tourisme.

De l’identité

Car au-delà du phénomène en soi (« en nous » serait plus juste puisqu’il impacte nos vies et nos modes de vie), pour ce qui nous concerne, la chose se vit et se ressent autrement, plus fortement : car nos commerces ne sont pas que des commerces, il s’agit de lieux identitaires de notre communauté. Le nombre permet la diversité, LES diversités, et donc une forme de vivre-ensemble ; avec au final, une vraie force positive, une proposition de vie alternative et bienveillante dans l’espace républicain (c’est-à-dire : pas systématiquement et forcément revendicative et radicale) – même si paradoxalement, pour y parvenir, nos anciens n’ont eu d’autres choix que d’être parfois très revendicatifs et militants à leur époque, ce qui en ces temps difficiles, devrait tous collectivement nous inspirer… –

Et puis il y a l’image que « les autres » perçoivent de ce phénomène : pour autrui, le Marais est identifié comme étant le quartier gay parisien, la densité du nombre d’établissements formant une « vitrine », une réussite qui force le respect car quoiqu’on en dise, le Marais tel qu’on le connaît, ce sont les gays, commerçants et clients, qui l’ont fait ! Ainsi donc, toucher à son unité, amoindrir son espace, c’est affaiblir et effacer partiellement notre présence identifiée dans l’espace public. Un peu comme si du jour au lendemain, nous existions moins.

La diminution du nombre de lieux de fête LGBT, c’est pour nous une diminution de diversité de l’offre, avec pour conséquence une diminution des espaces de vie et de fête de nos différentes composantes LGBT. C’est être moins visible, c’est un fait, mais c’est aussi une atteinte grave à notre modèle d’intégration réussi (bien que les capitalos, les fachos et les homophobes nous diront que l’on peut bien aller s’intégrer ailleurs…)

L’affaiblissement de notre visibilité dans ce quartier gay national (le seul en France de cette taille) revient à bafouer la reconnaissance de la réussite de notre communauté à faire sa place positivement dans l’espace républicain avec bienveillance. C’est bafouer le principe du vivre-ensemble. C’est aussi nier la réussite et le courage de tous ces entrepreneurs qui ont créé des lieux qui sont nos oasis dans une société hétéro-normée, patriarcale et coercitive à notre endroit. 

Ces non-renouvellements de baux et ces changements d’activité, donc ces fermetures d’établissements LGBT et ces expulsions de fait, constituent bel et bien, par leur nombre, une agression à destination collective. Sans être homophobe sur le fond, puisqu’elle est ciblée, ne l’est-elle pas factuellement dans la forme ? Ou, pour rester politiquement correct et soumis devant le Grand Capital, ne sommes-nous pas légitimes à la ressentir ainsi ?

Un peu d’histoire

Le phénomène actuel n’est pas récent, il est juste plus visible car beaucoup plus intense, mais il a surtout changé de nature.

Le plus ancien bar du Marais, le Central, avec sa vieille devanture en bois, son grand comptoir et ses chansons françaises est devenu une bijouterie, les anciens patrons étaient trop âgés pour poursuivre l’activité. Le bar L’Amnésia au croisement de la rue Vieille du temple et de la rue des Rosiers a laissé place à une enseigne de mode, les anciens patrons voulaient vendre, partir et changer de vie. Le Cofee-Shop du Marais s’est lui métamorphosé en un magasin de vêtements. Plus loin, un ancien restaurant gay est devenu le 3ème magasin de décoration Fleux, les deux autres étant situés à quelques pas… il est vrai que sans ce troisième magasin, nous aurions été en total désarroi pour décorer nos intérieurs… La petite agence de voyages Eurogays a déposé le bilan il y a bien longtemps, suite à une mauvaise gestion et des difficultés d’adaptation aux nouvelles habitudes de ses clients. Plus récemment, c’est le restaurant Le gai moulin qui a baissé le rideau pour laisser place à un restaurant asiatique : adieu l’ambiance follement gay au rez-de-chaussée et les chansons au piano en sous-sol… Nous pourrions ainsi multiplier les exemples en remontant le temps jusqu’aux années 90…

Des cycles

Si l’on regarde plus loin dans l’histoire, on peut constater qu’il s’agit – qu’il s’agissait serait plus juste – de cycles. Des cycles urbains résultant de cycles sociaux. Car les quartiers gays de Paris ont à chaque fois disparu peu ou prou en même temps que la société a changé de regard sur la communauté LGBTQI+, quitte à ce que la loi l’y invite préalablement. Ces nouvelles avancées laissant croire aux plus naïf(ve)s d’entre nous que vivre pleinement sa condition homosexuelle dans la société était peut-être possible…

Pour les plus jeunes, il faut donc rappeler que quartier gay n’a pas toujours été le Marais dans le 4ème arrondissement. Dans les années 70-80, il y a eu la rue Sainte-Anne dans le 2ème arrondissement, et encore avant, le quartier gay se trouvait dans le très chic quartier de Saint-Germain-des-Prés. On prenait un livre pour se poser en terrasse au Café de Flore pour draguer… exactement comme au bar l’Amnésia quelques décennies plus tard. 

La rue Sainte-Anne verra ses commerces gays fermer fin 70 début 80. Le Président de la République nouvellement élu, François Mitterrand, abrogera la pénalisation de l’homosexualité un an après son arrivée à l’Élysée en 1982.

Après la rue Sainte-Anne, il aura fallu presque quinze ans avant que l’on commence à fréquenter le triangle du Marais : 3 bars : le Central, le Quetzal et le Subway (devenu aujourd’hui Le FreeDJ). Véritable repère pour la communauté gay qui se retrouvaient pour y faire la fête, s’encanailler, vivre. Les débits de boissons et restaurants se sont ensuite multipliés. Le Cox, est devenu un phare dans la ville avec son rouge vif si reconnaissable et sa horde de jolis garçons qui martèlent le pavé en terrasse comme une insoumission au changement en cours. L’Open Café et sa grande baie vitrée, ses tables qui la longent sont un point d’observation unique en son genre au cœur d’un Marais mourant. D’ici, le Marais se délite de sa substantifique moelle, de son essence, de sa réalité, de sa particularité. Résistants à une quête du profit, les acteurs du Marais gay se voit pousser gentiment à la porte : « merci beaucoup pour ce que vous avez fait », et la porte se ferme. Destin inéluctable pour les gays parisiens qui, victimes d’un embourgeoisement de masse, se sentent déposséder de leurs propres biens.

Pousse-toi de là que je m’y mette !

Alors qu’hier, chaque arrêt d’activité relevait d’une volonté du patron ou d’un fait économique, aujourd’hui, les mécaniques en œuvre sont effectivement bien différentes. Tout a symboliquement commencé avec la disparition du kiosque de presse et librairie Agora – l’un des plus rentables de Paris – qui a cédé à la pression immobilière pour se voir remplacer par la marque trendy The Kooples. Cette catastrophe a été le point révélateur, le début de la prise de conscience de la communauté LGBTQI+. Depuis, le phénomène s’est amplifié.

C’est le prix du mètre carré et l’appétence des propriétaires sans scrupules qui dénaturent le quartier. Certains établissements, déjà fragiles, ne peuvent suivre les augmentations régulières de leur loyer ; pour d’autres, il s’agit de faire une bonne affaire en vendant à prix d’or un fonds de commerce.

Gentrification du Marais

Revenons quelques instants sur ce que le terme « gentrification » recouvre : « c’est un phénomène urbain par lequel des personnes plus aisées s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure ». Et le Marais est une cible de choix, cela fait longtemps que les médias se penchent sur le tombeau de ce quartier communautaire que l’on noie dans l’eau du bain.  Ce cœur battant de Paris, zone historique, espace touristique à fort potentiel, a une image « Rainbow » depuis plusieurs décennies. Ne soyons pas aveugles, nous savons qu’il constitue aussi le passage presque obligé pour des hordes de touristes pour « vivre un moment ». Tel un zoo, on traverse le Marais, le quartier gay parisien, avec curiosité ; on vient aussi y vivre un moment d’acceptation, y consommer. Mais la donne est désormais toute autre. Le charme s’étiole. Bien que les couleurs du drapeau LGBT s’affichent avec fierté aux croisements des rues, sur les murs, que les terrasses soient bondées… la variété de l’offre s’amenuise. Là, où les gays ont bâti d’un monde où les commerces nous correspondaient, où nous pouvions vivre en Safe Zone, l’argent casse désormais les codes. 

Dès le début de l’installation des gays, le quartier populaire a vécu une phase d’embourgeoisement. Voyant dans cette main mise des gays sur quelques rues entourant la traverse constituée par la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et la rue des Archives, le renouveau d’une communauté qui au fur et à mesure a créé un espace à son image : festif, joyeux, vivant, tolérant. Le niveau de vie des LGBT qui le fréquentaient ou y habitaient, a fait grimper le prix de l’immobilier. A cela il faut ajouter les nombreux appartements qui ont été acquis par de riches étrangers et français qui en ont fait des résidences secondaires souvent louées sur AirBnB. Jusqu’à l’arrivée massive des marques de luxe qui ont définitivement rabattu les cartes et mis à mal notre Marais. Moncler, Gucci, Rolex, Bang et Olufsen, Marc Jacobs, les chefs pâtissiers qui ouvrent des échoppes gourmandes un peu partout, le Marais gay se réduit comme peau de chagrin. Ainsi, les commerces LGBT qui restent en place, semblent plus que jamais vouloir montrer qu’ils sont là, bien présents, et de facto, revendicatifs.

Les responsables « mais pas coupables » et leurs petits jeux paradoxaux

Dénoncer et se plaindre à longueur d’année, c’est bien, il faut le faire. Mais proposer et agir, c’est mieux ! Alors, aux armes citoyens LGBT ! Mais avant de combattre, il est important de savoir qui sont nos «ennemis» dans cette histoire…

Premièrement, l’Hôtel-de-Ville – et cela ne date pas de la mandature de Madame Hidalgo ! – nourrit de nombreux paradoxes. En développant sans compter le tourisme pour renflouer les caisses de la ville avec l’envie de contenter au maximum les touristes en quête de lieux pour dépenser leurs devises et afin qu’ils reviennent à Paris. La Mairie qui veut avoir la plus grosse sur la scène internationale (la plus grosse file d’attente de touristes en bas de la Tour Eiffel s’entend), promeut de nouvelles zones de tourisme, le Marais en première ligne. Mais bien évidemment, qui dit nouveauté, dit nouvelles règles, et nouvelles implantations. Pour désengorger la rue de Rivoli, Les Champs-Elysées, l’idée a germé de faire des alentours de l’Hôtel de Ville, un secteur de tourisme international. Mais l’un n’allant pas sans l’autre, le business déjà bien établi de AirBnB a fait grimper le prix des loyers. Et là, le bât blesse, les enchères prennent le pas, les affaires sont en danger et les offres se démultiplient pour virer tel ou tel propriétaire pour ouvrir une boutique flambant neuve sans aucun rapport avec les us et coutumes LGBT ancré dans l’ADN du quartier. Un comble quand on entend « l’engagement de la ville » et son réel combat contre AirBnB et consors… Même s’il faut reconnaître la volonté affichée de la mandature actuelle, il y a quand même des contradictions selon les sujets… Les prochaines échéances électorales seront (peut-être) l’occasion de remettre tout cela à plat.

Mais la Mairie n’est pas la seule en cause dans cette évolution…

Deuxièmement, le BHV/Le Marais, institution historique du quartier, a toujours su bénéficier et profiter de sa proximité avec la clientèle gay, consommatrice et avide de tendances, qui l’a en retour vite adoptée. Il ne faut pas oublier que le BHV, groupe des Galeries Lafayette, a modifié son image il y a quelques années pour faire de la proximité avec le Marais, un marqueur de son existence. Derrière le nom, c’est une histoire intime que l’établissement a façonnée pour tenter toujours plus les gays à s’engouffrer dans ses étages. En devenant le BHV/ Le Marais, l’ambition claire d’intégrer le quartier a redonné du peps à ce grand magasin qui, à un moment, était en perte de vitesse face à ses concurrents. Inclus dans le processus commercial du Marais, il s’imprègne du mode de vie des gays. Mais  sans les gays, que deviendra le BHV Hommes, espace créé en aparté du bâtiment général comme une passerelle vers les hommes qui fréquentent le quartier ? Le choix des marques n’est pas non plus anodin. Tout est pensé, réfléchi et mis en œuvre pour que les gays en fassent leur nouveau paradis de consommation. Le paradoxe, si le Marais continue à se transformer ainsi, c’est que progressivement les gays ne viendront plus autant dans le Marais, d’autres habitudes de consommation verront le jour ailleurs – cela a déjà commencé –, avec à la clé de sérieuses pertes de chiffres d’affaires pour le BHV & BHV-Hommes… L’enseigne en est d’ailleurs consciente et n’hésite plus à soutenir désormais des évènements majeurs de la communauté LGBT comme récemment les Gay Games … quitte à jouer double-jeu en modifiant simultanément et structurellement le Marais… Au regard des faits, la stratégie en œuvre pourrait être celle du Cheval de Troie. A moins que les responsables de l’enseigne défendent cette vision idyllique (et erronée) d’une homosexualité lisse, construite et sélectionnée à partir de la classe moyenne ++ : celle de deux gays qui se tiennent par la main en se faisant des bisous dans la rue, entre deux actes de consommation dans des enseignes luxe et demi-luxe. Une vision qui justement, détruit nos identités respectives et notre Histoire.

Pour terminer, il y a bien sûr tous les autres commerces qui s’installent dans le Marais (le BHV n’étant évidemment pas propriétaire de tous les murs du Marais). Opportunité pour les uns de s’installer dans un lieu tendance pour afficher des valeurs – quitte à les piétiner en réalité, sans en avoir conscience on peut l’imaginer –, opportunités d’une bonne affaire immobilière à terme,… tous ont une bonne raison de chasser nos commerces LGBT pour s’installer.

Aujourd’hui, notre gay Marais se meurt alors que la loi sur le mariage pour tous est votée, le droit à la PMA aussi. Ne sommes-nous pas en train de nous démobiliser parce que naïvement, et un peu rapidement, nous croyons encore une fois à une intégration républicaine complète et entière ? Ne lisons-nous pas régulièrement des dossiers stupides du genre « la Marche des fiertés (Gay Pride) sert-elle encore à quelque chose ? » Et bientôt peut-être « le Marais sert-il encore à quelque chose ? » Les auteurs de ces textes sont en général des hommes ou des femmes qui ne font pas communauté, ils n’ont rien à faire de notre histoire commune et sont des opportunistes de la cause. OUI, ces lieux et ces moments de visibilité sont nécessaires car notre volonté d’intégration républicaine ne sous-entend pas la négation de nos identités.

Le vrai problème aujourd’hui, c’est que le prochain quartier LGBT n’existe pas. Cela fait des années que l’on nous promet le 11ème arrondissement comme nouvel eldorado de la fête gay. A part l’ouverture récente du café M’sieurs-Dames, lieu incontournable de vie et d’expression de toutes les diversités, il ne s’est rien passé. Nous observons au contraire un éclatement des lieux de fête dans tout Paris, en même temps qu’une diminution drastique du nombre de lieux. A l’heure de la fin annoncée de nos combats pour que nos droits soient inscrits dans la loi (il nous reste à obtenir le droit à la GPA pour les couples d’hommes et une meilleure application de la loi en matière d’homphobie), y aura-t’il réellement un prochain cycle ? Et dans le doute, ne vaut-il pas mieux se battre pour conserver l’existant ?

L’heure des bonnes décisions

A l’aube de la nouvelle année qui s’annonce et des habituelles promesses que l’on se fait, peut-on réellement continuer à faire ses achats au BHV Hommes le vendredi, dans la foulée manger italien chez Eataly, le nouvel écrin gourmet et élégant qui fait face au fetish-shop Rob Paris, et se plaindre le lendemain de la disparition progressive et programmée de nos établissements LGBT dans le Marais ? A méditer… Ne devrions-nous pas, avant d’y dépenser notre argent, connaître la stratégie de l’enseigne et ses objectifs ? En clair, ne sommes-nous pas en train de donner (financer) un bâton pour nous faire battre ?

Par contre, autant le cas du BHV pose question, autant celui des commerces de luxe qui ont chassé nos commerces LGBT est limpide. Il convient donc s’il on veut entrer en résistance, commencer par boycotter. En attendant une éventuelle mobilisation citoyenne sur le sujet…

Côté Mairie justement, les élections municipales de mai 2020 seront l’occasion, préalablement, de demander aux candidats de prendre des engagements fermes sur la sauvegarde de nos lieux identitaires, et exiger des réponses claires. L’Hôtel-de-Ville et l’office du Tourisme et des Congrès de Paris planchent d’ailleurs actuellement sur la question du tourisme LGBTQI+ parisien (Strobo mag était présent à quelques-unes de ces réunions). Mais faire venir des touristes LGBTQI+ sans vrai quartier LGBTQI+, c’est peine perdue ! Il faudra donc que la Mairie prenne vite position sur ses réelles ambitions pour le quartier, au-delà des postures bienveillantes. On a les paroles (on les a d’ailleurs toujours eues), il nous faut maintenant les actes !

Le Marais jouit depuis des décennies d’une résonnance unique, un lieu qui est une porte d’entrée sur la vie gay à Paris, un carrefour de rencontres, un refuge communautaire avec ses codes, ses usages… un quartier que nos ainées ont mis tant d’efforts et d’énergie à mettre en place, nous nous devons de réagir maintenant ! Le Marais, c’est une part de notre identité et de notre Histoire à tous.

Alors sortez et soutenez vos lieux de vie et de fête en les fréquentant régulièrement, c’est dans un premier temps notre seule façon de résister. Avant qu’il ne soit trop tard…

Partager:
PUB
PUB