« Séropopulaire », « séropossessif », « séropolissons », « séropostar », « séropoétique », … le ton de la nouvelle campagne de Santé publique France pour la journée mondiale de lutte contre le sida est donné : en 2020, on peut vivre avec le VIH et avoir une vie « normale » : être populaire, possessif, polisson, popstar ou poétique, réussir, avoir une vie riche, avoir du temps pour soi et des passions.
Les progrès en matière thérapeutique ont été énormes ces vingt dernières années. Dans la plupart des cas, la vie d’une personne vivant avec le VIH est aujourd’hui identique à celle d’une personne séronégative (à une ou deux prises de sang près + un rendez-vous obligatoire chez son médecin une ou deux fois par an pour le suivi).
Les thérapies contre le VIH actuellement disponibles n’ont plus rien à voir avec celles du passé. La plupart des personnes vivant avec le VIH n’ont plus d’effets secondaires à gérer à cause de leur traitement et mènent donc une vie normale ou quasi-normale. Ceci parce que ces thérapies suppriment la charge virale circulant dans le sang (la quantité de virus), jusqu’à devenir indétectable.
Ces thérapies, hier composées de multiples cachets, sont aujourd’hui réduites à deux ou trois comprimés, et bien souvent à un seul comprimé par jour. Pour certaines personnes dont la charge virale est indétectable depuis longtemps, il est même proposé par certains médecins de la prendre seulement quatre jours dans la semaine au lieu de sept. Et puis, dans les toutes prochaines semaines, un nouveau médicament arrive sous la forme d’une injection (piqûre) mensuelle … plus aucun cachet, juste une piqûre par mois ! Avec un inconvénient toutefois : il faudra se rendre à l’hôpital pour pratiquer cette injection.
Mais l’avancée la plus remarquable de ces dernières années concerne la transmission du virus : après plusieurs études menées pendant plus de dix ans, on peut affirmer scientifiquement qu’une personne séropositive sous traitement, avec une charge virale indétectable – ce qui est très courant avec les traitements actuels – ne peut pas transmettre le VIH, y compris quand les rapports sexuels ne sont pas protégés. Le traitement est donc un moyen de faire baisser la charge virale à l’échelle collective et devient ainsi un outil de prévention. « Indétectable = Intransmissible », vous avez forcément déjà vu cela quelque part … Cela change la vie, et la manière dont on aborde la sexualité. Cela change aussi le regard que l’on peut porter sur soi-même, consciemment ou pas.
Mais cela change aussi le regard que l’on doit porter sur les personnes vivant avec le VIH. Les discriminations et stigmatisations constatées sur les applications de rencontres, ou dans la vie de tous les jours, n’ont aucun sens et aucun fondement !
C’est justement l’objectif de la campagne de Santé publique France de décembre qui vise à rappeler qu’on ne peut pas définir une personne sur son seul statut sérologique. Surtout à une époque où celui-ci est devenu minoritaire, voire ultra-minoritaire, dans la vie des gens. Certains n’hésitent d’ailleurs plus à le crier haut et fort : « se sentir et se savoir séropositif ne dure que quelques secondes dans la journée : le temps de sortir son cachet et de l’avaler ».
Cette campagne a donc choisi l’angle qui consiste à mettre en avant les personnes concernées et c’est une excellente chose.
C’est aussi l’angle choisi par l’association Actions-Traitements dans le livret « Vivre avec le VIH en 2020, c’est d’abord VIVRE ! » qui sort en ce mois de décembre. Ce livret est un recueil de témoignages de personnes vivant avec le VIH, qui nous dévoilent leurs passions, leurs réussites, leurs envies… et ça fait du bien de sortir un peu de l’idée préconçue avec le temps qui laisse imaginer que les personnes séropositives sont forcément malades. Au début des années 2000 c’était vrai, aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Ce livret sera disponible tous les commerces ouverts, et au-delà de cette période dans tous nos lieux habituels, dans la limite des stocks disponibles. Elle sera diffusée par l’Enipse mais sera aussi massivement envoyée par les plateformes de e-commerce fetish qui la glisseront dans vos commandes habituelles.
Pour terminer ce dossier, nous vous invitons bien sûr à vous faire dépister, que ce soit pour la première fois ou pas, et de renouveler les dépistages du VIH et des IST tous les 3 mois si vous avez plusieurs partenaires dans le mois. Il ne faut plus avoir peur du dépistage, et ne plus avoir peur du résultat. Si l’on vous annonce que vous êtes séropositif, vous bénéficierez d’un traitement adapté et efficace pour rester en bonne santé. Votre vie ne changera pas.
Pour plus de renseignements : www.sexosafe.fr
www.sida-info-service.org ou Sida Info Service 0800 840 800