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DJ : Aubry (Pardonnez-moi/Ma sœur)

Geypner

Qui est Aubry ?

Hello ici Aubry, je viens du sud de la France, entre Nîmes et Avignon, dans le Gard, aux portes de la Camargue. J’ai commencé à sortir à Montpellier, la grande époque Villa Rouge/Bar Live, puis après mes études je me suis rapidement installé à Paris. Dès que j’ai pu je suis beaucoup sorti en club, j’y ai même fait tous les postes : on a pu me voir faire du bar, être au vestiaire, aider à la com’, j’ai tout fait, sauf patron, dommage, mais il n'est jamais trop tard ahah. Je suis de manière générale un oiseau de nuit, j’y trouve autant un calme salvateur que l’effervescence artistique qui m'attire. J’ai monté un collectif queer nommé La Sale! Il y a une dizaine d’années, on s’évertuait à faire tout ce qui nous passait par la tête comme inviter Liza Monet ou Brigitte Fontaine à chanter à 2h du matin au Social Club. J’ai également un autre collectif, plus porté sur la house, l’italo, nommé Pardonnez-nous. Et enfin un bb à moi tout seul nommé Ma sœur, que j’ai créé un peu par hasard à la Station il y a deux ans. J’essaye de faire jouer plein de collectifs ensemble, faire se croiser des publics lgbtqia+ qui n’ont pas forcément l’habitude de se croiser, et privilégier des musiques qui ne tendent pas vers de la techno trop dure ou des bpm trop élevés, qui n’ont jamais été ma tasse thé. 

Parle nous de ce qui te fait vibrer derrière les platines et qu'est ce qui t'a donné envie de devenir DJ ? 

J’ai toujours adoré la house et tous ses dérivés, c’est vraiment le cœur de ma musique. J’aime la musique qui parle au cœur, sexy, exigeante, celle qui fait se rapprocher les corps. Mes influences sont hyper larges, j’écoute beaucoup de musique, et de tout. Ambient, hip-hop, pop, deep, liquid, jazz, et évidemment beaucoup de Madonna. Je fais de la musique depuis tout petit et j’ai toujours, aussi loin que je me souvienne, voulu être dj. C’est au-delà de la passion, c’est ce qui m’a toujours animé. Petit, j’avais même transformé ma chambre en boite de nuit, qui n’a jamais eu qu’un seul client : moi-même. Au moins ce n’était pas cher pour y rentrer. Et le son était super ahah.

Je suis allé à une soirée, à Nîmes, il y a une vingtaine d’années : je suis tombé sur Jennifer Cardini, en fin de DJ set, debout sur ses platines, en train d’engueuler le promoteur parce qu’elle ne voulait pas couper le son : je me suis dit que c’était définitivement pour moi.

Puis j’ai écouté beaucoup de mixs, j’ai décortiqué la technique, j’ai découvert le big beat, Laurent Garnier, Miss Kittin, tout le son de l’époque, j’aimais autant Felix Da Housecat que Justice, Agoria ou Ellen Allien, je courais les festivals, avec un look pas poss. Je me suis lancé à 18 ans, j’ai appris sur vinyle, mais c’était bien trop cher, donc j’ai pas mal joué sur des contrôleurs, sur Ableton, afin de passer sur CDJ il y a une quinzaine d’années. Au début, je gravais encore des cd, c’était galère ahah. J’ai tout fais sur le tas, à l’oreille et j’ai adoré : l’adrénaline que procure un dj set, j’ai jamais ressenti ça ailleurs. 

Qu'est ce qui te booste actuellement comme tracks et pourquoi ?

La nouvelle émission de Laurent Garnier sur FIP, Deep Search, super défricheur. En chanson française, le dernier album de territoire, des amis, est exceptionnel, tant au niveau de la prod que de l’écriture.  Au niveau musique de danse, les tracks du producteur sud-americain Verraco, le hip-hop de Cobrah, la pop de Addison Rae. J'ai un petit faible pour la disco remixée un peu cheesy, dans les limites du raisonnable. 

C'est quoi le cocktail parfait pour un set qui démonte tout !

Déjà, une bonne technique ! Et la meilleure technique, c’est celle que l’on entend pas : j’aime me faire surprendre par un.e DJ, ne pas me rendre compte qu’iel a changé de track. On n’a jamais vu une maison tenir si le ciment est mauvais, pour un set c’est pareil. Et puis, le sens du dancefloor : être dj, pour moi, c’est arriver derrière les platines avec son background, ses influences, et trouver le point d’équilibre avec un public qui en face ne va pas forcement les partager. C’est donner via un moment, une track, un enchainement, la passerelle qui va l’entrainer dans l’univers que tu as envie de développer. Et ce, sans même qu’il s’en rende compte. Un set fait pour danser n’a pas de raison d’être sans public, le DJ doit donc composer en fonction de ceux-ci, et pas dans son coin. 

Ensuite, il faut savoir dérouler une histoire, rien ne sert d’enchainer les bangers qui font lever les bras : un bon set navigue entre les ambiances, les bpm, les intensités. Il doit pouvoir jouer avec la frustration, la communion, j’aime les sets ou tu sens que le DJ prend des risques, tente des choses, se met en danger, s’adapte. Il faut savoir s’écouter aussi, j’aime que mes sets reflètent mon humeur.

Enfin, l’ambiance générale, car c’est un travail collectif : le système son, les lumières, très important, l’accueil, le caractère safe du dancefloor : tout ceci participe à l’expérience, et si tous les critères sont réunis, a priori, c’est la folie.

Quelle est ton actualité en ce moment ?

J’organise les soirées Ma sœur, avec un gros événement qui réunira une dizaine de collectifs à la station le 11 Avril et un autre le 6 Juin à Virage. Sinon vous pourrez me retrouver à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand le 8, au Mazette ou encore à ma résidence Tentation du bien, tous les deux mois au Gore, ou j’invite des ami.es pour de longues soirées de B2B assez dantesques à chaque foi. Le prochain weekend là-bas est le 21/22 Mars. 

Des projets à venir perso-pro, raconte-nous tout ?

J’aimerai me remettre à faire du son, j’ai un peu coupé depuis deux ans. Développer l’identité de mon collectif-tout-seul Ma sœur, voir plus grand voir ailleurs aussi, aller à l’international : finalement, on se retrouve assez souvent dans les mêmes espaces car il n'y a pas tant d’endroits à Paris. Donc conquérir le monde et être prêt pour le grand retour de la house à Paris, en gros. Sinon me perfectionner en cuisine, voyager plus, ranger ma chambre, être plus concis en interview et surtout, rester curieux, amoureux, sans que ce soit un objectif, mais ça rend quand même la vie bien plus douce. Aussi, évidemment, continuer à essayer d’apporter du bonheur aux gens sur la piste de danse. 

Le suivre, l'écouter, le retrouver :

instagram.com/aubrywan/

soundcloud.com/aubrysoundcloud

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