Metz [13/11/24]
Concert annulé de Bilal Hassani : des peines de prison requises
Au tribunal correc-tionnel de Paris, le ministère public a requis jusqu’à six mois de prison ferme contre cinq hommes de 23 à 69 ans jugés pour provocation à la haine et injures à l’encontre de Bilal Hasani. Deux d’entre eux, accusés de provocation publique aggravée, pourraient écoper respectivement de 4 et 6 mois de prison. La décision du tribunal est attendue le 15 janvier.
Pour rappel, Le concert de Bilal Hassani, prévu en avril 2023 dans la basilique Saint-Pierre-Aux-Nonnains à Metz, n’a finalement pas eu lieu en raison d’une vague de menaces et d’injures. Les faits remontent à l’annonce du concert, qui avait suscité une forte indignation, notamment sur les réseaux sociaux. Des propos haineux ont été tenus, incluant des appels à la violence contre l’artiste. Face à ces menaces, le producteur Live Nation avait préféré annuler l’événement.
Lairoux [18/11/24]
Un couple victime d'actes homophobes
Dans le petit village de Lairoux, en Vendée, un couple subit une série d'actes homophobes depuis leur installation. Maison taguée, lettres de menaces et récemment un saccage de leur domicile illustrent un climat de peur et d'intimidation. Malgré une plainte déposée et une enquête en cours par la gendarmerie de Luçon, les auteurs des violences n'ont pas encore été identifiés. Le maire, Cédric Guinaudeau, a condamné ces actes « intolérables » dans un communiqué sur les réseaux sociaux, affirmant qu'ils ne reflètent pas les valeurs de la commune. « Ces agissements visent à stigmatiser et terroriser », a-t-il déclaré, tout en exprimant son soutien au couple, qui vit à Lairoux depuis près de dix ans sans incident. Les habitants du village se montrent solidaires, partageant leur indignation face à cette violence. Le maire reste confiant : « la peur va vite changer de camp ». La communauté se mobilise pour que justice soit faite, et que de tels actes ne se reproduisent plus.
Nice [20/11/24]
un jeune condamné à 12 mois avec sursis
Le tribunal correctionnel de Nice a condamné mercredi 20 novembre un jeune homme de 18 ans pour une agression homophobe survenue le 16 septembre dernier. L’incident s’est produit quai des États-Unis, où Emmerick et un ami se promenaient tranquillement. Suivis et insultés par le prévenu et son groupe, les deux amis ont été la cible de violences verbales et physiques. Les propos injurieux, tels que « sale PD », ont rapidement été suivis de coups de poing à l’encontre d’Emmerick. Le tribunal a retenu le caractère aggravant d’homophobie, condamnant le prévenu à 12 mois de prison avec sursis et à verser 2.000 euros de préjudice moral. Dans Nice Matin, le Centre LGBTQIA + Côte d’Azur rappelle qu’en 2023, près de 50% des agresseurs pour délits anti-LGBT+ sont des jeunes hommes, soulignant l’urgence de déconstruire la masculinité toxique. JCP
Charleroi [21/11/24]
Agression à Charleroi : 18 mois de prison
Le tribunal correctionnel de Charleroi a rendu son verdict jeudi, infligeant une peine de 18 mois de prison avec sursis à deux hommes impliqués dans une agression homophobe sur un jeune homme. Les faits remontent au 6 juillet dernier, dans une ruelle près du magasin Sun7 à Wanfercée-Baulet, où la victime a été attaquée par un groupe alors qu'il se promenait avec son compagnon et son parrain. Le ministère public a décrit une scène violente, avec des coups au visage et des blessures causées par un cutter. Des insultes homophobes auraient été proférées, une circonstance aggravante que les prévenus ont contestée en affirmant avoir agi en légitime défense. Bien que le parquet ait requis une peine de trois ans, le tribunal a décidé d'accorder un sursis, considérant l'absence d'antécédents judiciaires chez les prévenus, rapporte le site LaLibre.be. Cette décision suscite des réactions dans un contexte où les agressions homophobes continuent d’inquiéter la société.
Nîmes [22/11/24]
Agression au bar LGBT « le Pride » à Nîmes
Le vendredi 22 novembre, le bar LGBT Le Pride à Nîmes a été le théâtre d'une agression qui a blessé trois victimes. Selon leurs témoignages, les agresseurs, deux hommes d'une vingtaine d'années, alcoolisés et connus des services de police, ont proféré des injures homophobes avant d'en venir aux mains.
Malgré ces accusations, le Parquet ne reconnait pas le caractère homophobe des faits, invoquant des éléments d'enquête insuffisants pour qualifier les injures. Baptiste Garreau, référent juridique de SOS Homophobie, s'étonne de cette décision auprès de nos confrères de France Bleu, rappelant que le code pénal prévoit des circonstances aggravantes lorsque des injures homophobes sont proférées.
De plus, il souligne les défaillances dans la prise en charge des victimes par les forces de l'ordre, qui ont refusé certaines plaintes, une situation symptomatique des difficultés rencontrées par les victimes de LGBTphobie en France.
Reims [02/12/24]
Un meurtre transphobe sous les projecteurs
Le procès de Jean-Paul Isaki s'est ouvert ce lundi 2 décembre 2024 devant les Assises de la Marne à Reims, marquant une étape cruciale dans la lutte contre la violence transphobe. Accusé du meurtre et du viol aggravé de Paula Migeon, femme transgenre de 51 ans, les faits remontent à avril 2021. Le corps de Paula avait été découvert dans son appartement, victime de 14 plaies profondes à l’arme blanche. Les enquêteurs ont rapidement établi un lien entre M. Isaki et la victime à travers des données bancaires. Interpellé, il a avoué avoir commis ces actes lors d'une dispute. Le procès soulève des enjeux importants, notamment autour de la haine liée à l’identité de genre. L’avocate d’Isaki a plaidé des troubles mentaux, mais la cour a décidé de poursuivre les débats. Ce procès, symbolique pour la communauté LGBT+, met en lumière les violences transphobes persistantes et la nécessité d’une justice plus inclusive. Le verdict est tombé le 5 décembre. La cour a retenu le caractère « de circonstance aggravante de transphobie ». Isaki écope donc de 25 ans de réclusion criminelle.
Ploemeur [02/12/24]
Condamnés pour insultes sur X
Dans un jugement marquant, le tribunal judiciaire de Lorient a condamné deux hommes pour des tweets homophobes visant Ronan Loas, le maire de Plœmeur, dans le Morbihan. Les insultes proférées en août 2023, au cours d'une vague de harcèlement sur le réseau social X (Twitter), ont conduit à des amendes de 1 000 et 1 600 €, ainsi qu'à des dommages et intérêts de 250 € chacun. L'élu, qui a dû fermer temporairement sa mairie face à la pression, a évoqué une expérience traumatisante, se sentant « tabassé» par des attaques incessantes comme il l’explique chez nos confrères de Têtu. Les propos de ses agresseurs, dont l'un a osé nier le caractère homophobe de ses tweets, ont été jugés inacceptables par le tribunal. Ronan Loas, fier de son identité, a salué cette décision judiciaire, affirmant l'importance de lutter contre de telles violences. Dans un message sur les réseaux sociaux, il a déclaré « ces attaques ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une tendance inquiétante : la montée de la violence numérique à l’égard des élus. Les conséquences psychologiques sont profondes : stress, insomnies, peur constante. De nombreux élus subissent ces pressions, amplifiées par l’anonymat des réseaux sociaux. Je refuse de me taire face à cette dérive. Je ne pouvais pas rester silencieux ». Il s'engage à reverser les indemnités à une association LGBTQI+.