En amour comme en cuisine, l'idée de l'accord parfait est souvent glorifiée, mais est-ce vraiment si simple ? Theo et Kit, qui ont partagé tant de moments – amis, colocataires, amoureux, et désormais ex – semblent avoir une histoire en boucle, marquée par une séparation brutale lors d'un vol entre Los Angeles et Londres. Leur rêve d'évasion européenne s'est transformé en cauchemar, et pourtant, le destin, avec un sens de l’humour acide, les remet ensemble quatre ans plus tard, lorsque leurs bons d'achat pour le voyage annulé arrivent à expiration.
Il est facile de croire qu'une simple coïncidence pourrait redonner vie à leurs sentiments, mais la réalité est souvent plus complexe. En s'inscrivant chacun de leur côté pour un tour d'Europe aux mêmes dates, ils se retrouvent piégés dans une situation qui semble plus être une punition qu'une opportunité. La promesse de trois semaines dans des villes romantiques pourrait bien tourner au vinaigre si l'on considère le passé tumultueux qu'ils partagent. Theo, dans son arrogance, croit pouvoir jouer avec les émotions en lançant un défi ludique, comme si cela suffisait à effacer les blessures anciennes. Mais peut-on vraiment allumer une flamme avec des souvenirs douloureux en toile de fond ? Entre les plats raffinés et les vins exquis, la tension entre ces deux ex-amants est palpable, et la question demeure : cette épreuve va-t-elle réellement les rapprocher ou les plonger encore plus dans le désespoir ? La promesse d'une dolce vita à la sauce Casey McQuiston semble séduisante en théorie, mais elle risque d'être plus amère que sucrée.
Sous ses airs de légèreté, ce récit soulève des interrogations plus profondes sur la nature de l'amour et de la réconciliation. Servie avec maestria par l’autrice de My dear f***ing Prince qui a été adaptée en série, elle explore avec justesse un des thèmes majeurs du roman, la bisexualité assumée des deux protagonistes. Un ouvrage captivant qui se dévore sans modération.
The Pairing de Casey Mcquiston, Ed. Lumen, 578 pages, 18€.