Non, non, il n’y a pas d’erreur dans le titre. Je souhaite revenir sur 2024 parce qu’elle a bien été révélatrice du fait que l’espoir et la mobilisation permettent d’éviter le pire. Souvenons-nous. Parmi toutes les mauvaises nouvelles – il y en a eu beaucoup on est d’accord –, nous avons tous eu la joie de constater lors du 2ème tour des élections législatives en France que le front républicain existait encore, alors même qu’il était annoncé comme mort et enterré par les « experts » des chaînes d’information en continu depuis des années. Et le pire fut ainsi évité.
S’il y a une seule chose qu’il faut retenir de 2024, c’est donc celle-ci. Elle nous permet, dans le raz-de-marée d’actualités très négatives de ce début d’année et des projections 2025, de garder encore une fois l’espoir et l’envie de nous battre. Parce que, quand nous sommes uni.e.s pour une même cause, la force est telle qu’elle peut modifier les pires prédictions.
En ce début d’année, nous sommes tou.te.s dépité.e.s. Les réseaux sociaux les plus importants viennent de basculer à l’extrême-droite : Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp, Threads de Mark Zukerberg, X (ex-Twitter) d’Elon Musk qui se dit intéressé pour racheter TikTok aux USA, ces deux milliardaires ayant rejoint Donald Trump dans sa folie hégémonique. Et nous sommes tou.te.s pris.e.s d’une panique légitime car il ne nous semble plus possible de participer au succès de ces entreprises qui sont de fait devenues nos ennemies par les positions LGBTQphobes qu’elles adoptent et les mesures qu’elles mettent en œuvre contre nos communautés, nos vies et notre sécurité. Et dans le même temps, nous ne pouvons pas les quitter sans réelle solution cohérente alternative parce que nous y avons créé nos propres communautés. Nous en sommes les prisonniers.ères. Et vous savez quoi ? C’était fait, pensé, construit à dessein. Les réseaux sociaux font désormais tellement partie de nos vies que l’idée même de s’en passer revient quasiment pour certains à amputer une partie de leur existence. Et pourtant… Il y a bien eu une vie avant que ces vampires envahissent nos vies. Et nous étions bien plus heureux ! Et puis, il ne faut pas oublier que « quand c’est gratuit, c’est vous le produit ». Sans nos contenus, sans nos connections, sans nos réactions, nos « j’aime », etc, tous ces écosystèmes tombent ou s’affaiblissent. Ces plateformes ont besoin de nous beaucoup plus que nous avons besoin d’elles en réalité. Et peut-être y a -t-il là un début de solution. Il ne s’agirait peut-être de ne pas de tout quitter, mais d’y consacrer énormément moins de temps, en attendant de voir comment les choses vont évoluer. C’est une première forme de résistance. Sans oublier qu’il y a quand même une opposition démocrate aux USA, le peuple américain, et des législations françaises et européennes contraignantes.
En France, nous avons aussi depuis plusieurs années des patrons d’extrême-droite qui ont noyauté nos médias. Quelle déception de voir parmi mes ami.e.s LGBTQ+, et au-delà des allié.e.s de droite républicaine comme de gauche, garder leur abonnement Canal+ alors même que son propriétaire M. Bolloré soutient activement Zemmour et plus globalement tous les mouvement d’extrême-droite. Il est d’ailleurs en train, comme d’autres, de racheter des écoles de journalisme afin que demain, ses opinions triomphent sur les chaînes d’information… Sauf qu’ils ont tous oublié que c’est le peuple qui détient le pouvoir. Celui par exemple de mettre fin à son abonnement, ou plus simplement d’arrêter de regarder. C’est le peuple qui a la télécommande dans la main, pas Bolloré. Lui n’a que l’argent (celui que l’on veut bien lui donner).
Ce début d’année, l’occasion de la prise des bonnes résolutions, est peut-être en réalité prometteur d’un avenir où, pris.e.s de conscience, nous lâcherons un peu nos smartphones et nos écrans de télévision pour nous retrouver un peu plus dans la vie réelle. Pour nous parler, pour débattre, pour nous engueuler avant de nous retrouver sur ce qui nous rassemble, dans les bars, les associations, dans de nouveaux espaces qui sait… Merci donc à l’extrême-droite (ça je ne le dirai pas deux fois !) pour la formidable opportunité qui nous est donnée de nous rassembler et d’unifier nos luttes. 2025 sera ce que nous en ferons.
Franck Desbordes, directeur de la publication