Articles / billet

Trump : le cauchemar américain pour les LGBTQ+

Jean Jacob

La victoire de Trump marque la volonté manifeste d’une grande partie de l’électorat américain de s’en prendre aux transgenres, et par ricochets, aux droits de la communauté LGBTQ+.

Le 5 novembre, après une campagne mouvementée, Donald Trump remporte haut-la-main les élections à la présidence américaine. Et ce devant une Kamala Harris qui tout au long de la campagne aura peiné à affirmer ses idées progressistes. 
Si l’élection de Trump, connu pour ses positions populistes, misogynes, racistes et homophobes, est une mauvaise nouvelle pour les États-Unis qui penchent de plus en plus vers l’extrême-droite, c’est aussi un revers cinglant pour le monde entier à une période où les idées réactionnaires progressent à vitesse grand V. Mais surtout la preuve que les droits des minorités - raciales, sexuelles, comme de genre - durement gagnés sont sérieusement remis en question. La communauté LGBTQ+ faisant partie de celles qui sont le plus dans le collimateur de Trump.
Trump a bâti la majeure partie de sa campagne avec deux cibles principales : les immigré.es d’un côté et les transgenres de l’autre. On estime que près de 35 millions de dollars ont été dépensés par son équipe de campagne - et ses nombreux soutiens aux travers et en dehors des États-Unis - en publicités transphobes, mensongères et haineuses. Sans compter les attaques directes contre sa rivale, Kamala Harris, à propos de ses déclarations en soutien aux personnes trans.

Un premier mandat déjà alarmant
Rappelons que lors de son premier mandat de président (de 2017 à 2021), Trump a interdit aux personnes transgenres de travailler dans l’armée, a fait effacer leur nom de nombreux sites fédéraux, a annulé les mesures pour éviter le harcèlement des étudiant.es trans, comme les protections salariales mise en place pour les employé.es LGBTQ+, a tenté de faire virer les militaires vivant avec les VIH de l’armée, a licencié tous les membres du Presidential Advisory Council on HIV/AIDS qui conseillait l’État sur les mesures à prendre dans la lutte contre le VIH. Une action accompagnée d’une réduction drastique des financements aux associations de lutte contre le sida. 
Si la communauté LGBTQ+ est à ce point angoissée face à l’élection de Trump, c’est qu’elle sait que le président va continuer les actions entreprises lors de son premier mandat. Parmi les premières mesures annoncées, on trouve une limitation du recours à l’avortement et à la contraception, avec le but ultime de rendre illégal l’avortement, l’interdiction de la PMA pour les couples LGBTQ+, le bannissement des mesures d’information ou de prévention à destination des mineur.es transgenres, la condamnation des professionnel.les de santé qui accompagneraient des mineur.es transgenres, le licenciement des professeurs qui oseraient aborder la question du genre, et au bout du compte la pénalisation de toute personne qui oserait affirmer qu’il n’existe pas uniquement deux genres, c’est à dire les hommes et les femmes cis. A quoi il faut ajouter l’interdiction pour les femmes trans de concourir dans les épreuves de sport féminin comme celle de changer de genre devant l’état civil, l’adoption de la loi “Don’t say gay”. Une mesure qui empêche les enseignants des écoles primaires publiques de discuter de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre avec les élèves de la maternelle jusqu’à la 3ᵉ année (environ 8-9 ans). Dans le même registre, Trump promet de réduire les financements des écoles qui enseignent l’histoire de l’esclavage américain et de ses conséquences. 
Devant ce qui n’est que le début d’une restriction drastique des libertés des minorités, les principales associations LGBTQ+ ne cessent de répéter leurs craintes pour le futur et essaient de mobiliser tant bien que mal la communauté LGBTQ+ - qui a un peu tendance à prendre ses libertés pour des acquis - et lui expliquer qu’elle va devoir apprendre de nouveau à protester, se battre et descendre dans la rue !

Crédit photo Lev Radin

Partager:
PUB
PUB