Articles / interviews

DJ Lucifer

Geypner

Qui est Johan/Lucifer ?
Je m'appelle Johan, mais maintenant c'est plus Lucifer que j'utilise. Je viens de l'île de la Réunion, j'ai grandi là-bas, je suis passé par la case prépa scientifique avant d'intégrer une école d'ingénieur à Strasbourg à 20 ans. Une fois mon diplôme en poche, je suis venu à Paris pour travailler à la Défense. C'était horrible, je détestais cette vie-là. Alors à 25, j'ai décidé de tout arrêter et de reprendre les études dans le cinéma. Maintenant je réalise des films, je suis également monteur et assistant réalisateur à mes heures perdues. Depuis 2022 je mixe, et maintenant je suis également promoteur de soirées. Je sors depuis que j'ai 15 ans. A l'époque j'allais dans le seul club gay de la Réunion, le Boy's (qui n'existe plus), j'y allais avec ma meilleure amie et on y faisait les 400 coups. J'ai beaucoup évolué après dans les milieux gay pops où je n'arrivais pas à trouver ma place jusqu'en 2019 où je découvre la Wet for me. Tout a changé, ça a été une révélation. Après je n'ai fait que des soirées techno, trance, house et j'y trouvais ma communauté, j'y trouvais une raison de vibrer et de danser en toute liberté. Je sors pas mal à la AÏE, aux Spectrum, à la Sous Tes Reins, aux événements de With Us et Discoquette. En m'inspirant de toutes ces soirées, mes ami.e.s et moi avons créé la soirée Club Humide, une soirée qui veut raviver le souvenir moite de nos nuits d'avant la Covid. Ces nuits où tout était possible, où les gens se connectaient et où les murs des clubs transpiraient. Aujourd'hui j'ai 30 ans, les cheveux rouges et toutes mes dents ! 
 
Parle nous de ce qui te fait vibrer derrière les platines et qu'est ce qui t'a donné envie de devenir DJ ? 
En 2022, pendant une période d'intermittence creuse je décide sur un coup de tête de me prendre un contrôleur DDJ400, et là, j'ai appris seul à mixer, en autodidacte et de façon monomaniaque. Je passe 3 mois à ne faire que ça matin, midi et soir. A une AÏE à Virage, je croise Morgane Ivy, DJ du collectif Bragi qui me propose de venir la voir mixer à une soirée en bar. S'ensuit de mon premier booking au Liebe par des amis d'école d'ingé, et à partir de là, je savais que c'est ce que je voulais faire, que c'était la petite flamme qui animait mon cœur. J'aime mélanger les genres, j'ai une base très house. J'aime quand c'est vocal, quand c'est sexy et émotionnel. On peut s'autoriser à avoir des sentiments sur le dancefloor, on n'est pas obligé d'être tout le temps sérieux et cul quand on mixe. J'agrémente tout cela de pointe de techno, et d'un geste de trance. Et j'aime bien pouvoir raconter des histoires, passer de la joie à la séduction, pour ensuite se dandiner dans les ténèbres pour regagner finalement la lumière. J'adore faire les closings des soirées (quand il reste encore du monde), être cette dernière note que les gens ont une fois que les lumières se rallument. 
 
Qu'est ce qui te booste actuellement comme tracks et pourquoi ? 
Cet été j'ai refait 70% de mes playlists, je me suis surpris à être encore plus dans une house très vocale des années 90, avec des gros snares (sons de la caisse claire, ndlr), un groove très marqué, beaucoup de dramas dans les chants. Un peu comme le track Time Trying de Primetime. J'aime beaucoup jouer des sets avec une forte énergie, qui sont comme une locomotive lancée à toute allure sur des rails, la fumée qui se dégage à pleine balle et le charbon qui se consume avec ardeur. Comme le track Pandora's Box de Dick Wonder. Et je me suis surpris à être pas mal du côté trancy de la force, avec des tracks très progressive, très ravy, où lorsque l'on ferme les yeux, on s'imagine qu'il est 8h du matin dans un warehouse où le soleil pénètre par les fenêtres teintées de poussière, les pas des danseurs camouflés par les basses humides et vrombissantes des enceintes et le souvenir d'une belle soirée qui s'évapore derrière nous. Je pense au track de Datura feat Billie Ray "Mystic Motion (Hybrid Full Journey Mix)".
 
Quelle est ton actualité en ce moment ? 
Vous pouvez me retrouver aux soirées Club Humide où je mixe, qui ont lieu tous les deux mois. Notre prochain événement sera sous la forme d'un cabaret pour Halloween au Pavillons des Canaux, le 31 octobre. Je mixe aussi en résidence sur Tsugi Radio avec le collectif Bragi. En ce moment, je vous conseille d'écouter la dernière chanson de OKLOU Family & friends qui est sublime et très douce.

Des projets à venir, raconte-nous tout ?
J'occupe un nouveau poste, je suis à la programmation clubbing du Klub à Châtelet et je suis super excité ! J'ai envie de produire des évènements queer dans ce lieu emblématique de Paris. Avoir une ligne éditoriale queer forte et faire en sorte de proposer, avec Les souffleuses, un nouveau lieu alternatif queer dans le centre de Paris.

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