Quel projet ambitieux que de porter sur grand écran la vie d’un cabaret. C’est la volonté de son créateur, Nicolas, qui tient ce lieu dieppois à bout de bras. Pendant la période de confinement, craignant qu’il disparaisse, lui vient en tête cette idée folle de faire un film musical avec la troupe. 12 jours de tournage seulement, et voici le résultat.
Le pitch : les drags-queens du cabaret de la Sirène à Barbe montent un spectacle grandiose, du chant, du cirque, de la danse, du jamais vu pour la ville de Dieppe. Erwan, un pêcheur du coin, est sous le charme. Il s’aventure alors dans leur monde fait de joie et de fête et y découvre, derrière les costumes des personnages de scène, des humains tourmentés, solitaires, trop sensibles mais prêts à tout pour porter ce projet le plus loin possible.Ce film a été voulu comme l’histoire de solitudes mélancoliques, qu’une étincelle suffit à éclairer. Une partie des comédiens sont issus de la troupe, il ne faut donc pas s’attendre à un jeu d’acteur aguerri, ni à une intrigue compliquée, mais plutôt à du Rohmer ou du Lelouch (compliment). Les deux co-réalisateurs (Nicolas Bellenchombre et Arthur Delamotte) indiquent qu’ils ont préféré insuffler une direction d’acteur et devenir contemplatifs de leur jeu. On sent que chacun y a mis du cœur, son cœur. Les images sont travaillées, toute comme la bande son originale, car 90% des musiques et chansons sont des créations.
Souhaitons donc le meilleur à ce long métrage, notamment des projections dans les multiples festivals de cinéma LGBTQIA+, et que ça donne aussi envie d’aller voir les shows. Strobo y est allé et vous recommande vivement !
La Sirène à barbe, en salle depuis le 2 octobre.
la-sireneabarbe.com