Roman/une Fille j’ai embrassée
Angleterre, août 1805. Au pensionnat de King's Manor, dans le Yorkshire, Eliza Raine, fille d'un médecin de la Compagnie des Indes orientales et de son « épouse de campagne » indienne, se lie avec une nouvelle élève, Anne Lister. Si la jeune orpheline fait de son mieux pour passer inaperçue, Lister - comme elle aime à se faire appeler -, issue de la petite noblesse, se plie plus difficilement aux conventions de l'époque. Téméraire, le verbe haut, la jeune femme aux allures de garçon revendique son esprit d'indépendance. L'amitié naissante entre les deux élèves laisse rapidement place à autre chose. Mais cette passion secrète va bientôt être mise à l'épreuve. Dix ans plus tard, Eliza écrit à son amante depuis l'asile où elle est internée... Inspirée par la correspondance inachevée d'Eliza Raine et le journal intime d'Anne Lister, femme de lettres et exploratrice anglaise devenue figure de proue du lesbianisme, l'histoire d'un premier amour sur fond de colonialisme et d'émancipation féminine.
Une Fille j’ai embrassée, de Emma Donoghue, Ed. Presses de la Cité, 440 pages, 23€
BD/Hubert et Alexis
Depuis leur coup de foudre au musée, Hubert et Alexis filent le parfait amour. Hubert est photographe, Alexis travaille dans une galerie d'art et ensemble, ils vont unir leur talent pour créer une revue : « l'Idiot utile ». Mais un matin, un collègue de boulot d'Alexis ramène un drôle de robot à tête de squelette sur roulettes qui va semer la pagaille dans l'harmonie du couple et provoquer un véritable raz-de-marée destructeur sur la ville. Rescapés de la catastrophe, les deux tourtereaux font naufrage sur une île en apparence inhabitée à l'architecture bien mystérieuse... Henri Crabières est de ces auteurs fougueux qui aime les expérimentations graphiques et les récits au galop sans bride. Avec son dessin libre et désinvolte, il raconte dans Hubert et Alexis comment, main dans la main et avec l'art pour étendard, il est possible de surmonter tous les cataclysmes.
Hubert et Alexis, de Henri Crabières, Ed. Misma, 220 pages, 28€
Roman/les Beaux et les élus
En pleines années folles, le quotidien des Fay, Baker, Gatsby et autres nantis est synonyme de soirées décadentes, d'amours libres et de cocktails explosifs. Sans oublier les fantômes et les démons, les âmes vendues contre quelque richesse, et le papier découpé qui prend vie. Née au Tonkin puis élevée dans la haute société américaine, Jordan Baker est à la fois intégrée et exclue de la jeunesse dorée de l'ère du jazz, oscillant entre privilèges et portes fermées. Lui reste à apprendre comment découper la parfaite clef en papier.
Les Beaux et les élus de Nghi Vo, Ed. L’Atalante, 320 pages, 22,50€
Essai/A nos désirs – dans l’intimité des lesbiennes
À quoi ressemble l'intimité des lesbiennes ? Les baisers, les premières fois, les « oui » et les « non », les caresses, les étreintes, les orgasmes... Après avoir raconté l'acceptation de son homosexualité dans la bande dessinée Coming in, Élodie Font explore la sexualité des lesbiennes à partir d'une matière foisonnante et inédite : les témoignages de 1 200 femmes de 14 à 87 ans auxquels elle mêle ses réflexions et sa propre histoire. À nos désirs offre une plongée dans la sexualité lesbienne si souvent invisibilisée, fantasmée, caricaturée.
À nos désirs, de Elodie Font, Ed. La Déferlante, 150 pages, 19€
Roman/Tableau final de l’amour
« Il ne fallait pas peindre la surface des choses, mais ce qu’elle cachait. Ne pas peindre l’espace, mais le temps. Ne pas peindre ton corps, mais sa mort. » Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l’amour fait le récit d’une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Dans une Europe traversée par deux guerres s’impose la vision d’un artiste radical dont l’œuvre entière, obsédée par le corps, résonne comme un cri. S’adressant à l’amant qui lui a servi de modèle – ce « petit voleur inexpérimenté » qui, en pleine nuit, s’est introduit dans son atelier, le narrateur retrace les errances de leur relation tumultueuse.
Tableau final de l’amour de Larry Tremblay, Ed. J’ai lu, 192 pages, 7,40€