Articles / brèves

Bêtes curieuses

Julien Claudé-Pénégry

L’adolescence est une période de la vie aussi particulière qu’ambiguë. Ni gamin, ni adulte, on se retrouve coincé entre la perte d’innocence des premières années et le sentiment de ne pas être compris de nos ainés. 

Dans Les belles Créatures, du réalisateur islandais Guðmundur Arnar Guðmundsson, nous suivons Addi, un jeune de 14 ans qui prend sous son aile Balli, un garçon introverti, victime de harcèlement. Son entrée dans sa bande va le confronter à un style de vie chaotique, avec cette horde livrée à elle-même qui se complait dans des échanges ponctués par la violence et la brutalité. Les choses s’enveniment. Mais Addi qui a été élevé par une mère qui à la capacité de voir l’avenir dans les rêves, commence à son tour à vivre une série de visions oniriques. Est-ce que ces prémonitions lui permettront de trouver une voie de sortie, là est la question.

Dans ce récit poétique, onirique et plein de fougue, c’est l’idée d’amitié qui est explorée. Les liens qui se nouent entre Addi et Balli mettent en exergue le trouble qui naît entre deux individus. Les sentiments sont mis à rude épreuve. On se questionne sur l'évolution de la relation entre les deux protagonistes, l’importance que l’un a pour l’autre, sa légitimité, sa profondeur et les affinités qui en découlent. 

Derrière le hurlement sourd de cette jeunesse en perdition et en quête de repères, on assiste à la naissance d’une relation bien plus forte qu’il n’y paraît. C’est à la fois touchant, sensible et puissant.

A découvrir en salle à partir du 25 septembre.

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