Après la nomination d’un avocat d’extrême-droite en juin (voir notre parution du 20 juin sur notre site web « Flag! continue de flirter avec l’extrême-droite »), puis une AG houleuse fin juin (voir notre papier paru dans notre édition #33 du magazine « Flag!, une assemblée générale très mouvementée »), voici un nouvel épisode grave dans la vie de l’association LGBT des policiers, gendarmes, agents du ministère de l’Intérieur et de la Justice, des pompiers, etc. qui semble sombrer dans une crise sans égal. Une réelle crise de régime en fait.
Car c’est bien la méthode de gouvernance qui est mise en cause. Pour la dénoncer, 22 membres de l’association signent ce lundi 9 septembre une lettre ouverte aux adhérents de Flag!. Elle reprend, point par point, un ensemble de reproches faits à la présidence et au bureau de l’association, et par voie de fait au conseil d’administration actuel qui ne parvient pas pour l’instant à obtenir un changement de trajectoire et de méthode afin de remettre l’association sur la voie du dialogue interne et du respect dû à chacun, ainsi que du respect de la loi en matière de fonctionnement associatif, selon des sources proches de l'affaire.
Dans cette lettre ouverte, il est reproché à l’actuelle présidente : une opacité totale sur la vie de l’association, le non-respect de son fonctionnement démocratique, une absence absolue de communication sur les démissions en cascade, des humiliations, intimidations, harcèlements, des menaces et politiques discriminatoires, des mensonges et manipulations abusives, un refus systématique du dialogue, un fonctionnement clanique et autoritaire, des saisines de l’IGPN (la police des polices) avec l’envoi de signalements comportant des accusations diffamatoires et des dénonciations calomnieuses ceci afin de nuire aux carrières professionnelles des adhérents opposés à la politique de la présidente et de son bureau (!) Il est aussi reproché à la gouvernance de Flag! l’absence de soutien et d’accompagnement à de certain.e.s policier.e.s victimes d’homophobie et de lesbophobie,… Sans compter une omerta sur la gestion et la comptabilité, l'impossibilité d’obtenir des documents comptables et des explications sur certaines dépenses qui laisseraient perplexes, etc. Tous ces reproches entre guillemets, ces éléments figurant dans la lettre ouverte du 9 septembre (en bas de cet article).
Au sujet de la comptabilité, à ce jour, à part la Présidente et son bureau, personne ne sait si le rapport financier 2023 a réellement été voté en assemblée générale le 29 juin dernier, alors même que la question du quorum se posait. Avec à la clé la question des financements par subventions, les associations étant invitées à déposer leurs dossiers avec des comptes validés avant le 30 juin…
Sur le même point et selon des pièces qui nous avons reçues à la direction éditoriale de Strobo mag, se pose la question de la possible « légèreté » sur l’utilisation des fonds et des subventions touchées par l’association à des fins « non objectivées » ou « inadéquates », ces dépenses pouvant potentiellement être qualifiées plus gravement devant les juridictions pénales…
Selon des témoignages directs, la question de règlements de comptes via des dénonciations calomnieuses à l’IGPN ont bel et bien eu lieu, toutes classées sans suite à cette heure. Une plainte contre la présidente aurait été déposée aussi pour des faits de diffamation.
Enfin, selon nos informations, six administrateurs ont saisi leurs homologues afin qu’un conseil d’administration exceptionnel soit convoqué avant le 17 septembre, avec pour seul ordre du jour « destitution de la présidente ». Une demande restée sans résultat à cette heure.
Voilà pour le climat général au sein de Flag! Nous avons pris la liberté de ne pas publier certaines informations détaillées que nous n’avons pas pu vérifier précisément à cette heure et qui sont de toutes façons évoquées de manière générale dans la lettre ouverte.
Ce qui se passe actuellement dans cette association s’est déjà passé dans nombre d’autres associations en réalité. Mais tout cela n’est pas bon pour l’image de Flag! qui pourtant se bat pour nous tou.te.s. Nous devons être bien accueilli.e.s en tant que personnes LGBTQ+ dans les commissariats. Nos plaintes doivent être entendues et enregistrées comme celles de chaque citoyen.ne. Les membres de Flag!, comme dans tous les autres métiers, n’ont pas à subir de LGBTphobies dans le cadre de leur travail.
Il est urgent que Flag! retrouve le chemin de la sérénité, de l’ordre et du respect de chacun.e en interne. Pas seulement pour elle-même ! Mais parce que cette association, quoi qu’en disent certains mouvements minoritaires et souvent (légitimement) en colère, est un bien collectif si elle porte des valeurs démocrates et républicaines.
Il est temps que ce mauvais feuilleton cesse !
Selon nos informations, entre juin et fin août 2024, plusieurs membres de Flag! ont démissionné, dont certain.e.s avec des mandats capitaux dans l’association : le secrétaire du bureau de Flag !, le vice-président Justice au bureau de Flag !, le représentant régional de Normandie, le vice-président Europe.
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DERNIÈRE MINUTE : en rétorsion à la publication de la lettre ouverte du 9 septembre (ci-dessous), plusieurs membres de l'association ont été bloqués sur le compte X (ex Twitter) de Flag! le 10 septembre. De même, leurs boîtes mail ont été désactivées dans les dernières semaines. Ce qui illustre la politique menée par la présidente et le bureau actuel.