Cicatrices de l'auteur chilien Brandon Arias aux éditions Vega Dupuis est une véritable claque émotionnelle. Entre authenticité et dureté du propos, il nous offre un nouveau regard sur l’acceptation de soi et des autres.
Un environnement toxique, voici à quoi se résume le quotidien de Kyonosuke et d'Akira. L’un est victime des brimades de ses camarades dû à une cicatrice importante sur son visage, l’autre est une jeune fille trans qui subit les coups d’un père qui ne reconnaît pas son identité. Ces deux personnages sont bien plus que attachants, ils nous prennent aux tripes dès le début. L’auteur réussit à nous amener sur des sujets forts tels que la maltraitance parentale, le harcèlement, l'homosexualité, la transidentité et le coming out pour découvrir comment tous ses protagonistes vivent ces stigmatisations mais surtout, comment ils.elles s’en sortent.
Pour être franc, de prime abord, le dessin peut nous dissuader de lire l’œuvre et pourtant dès les premières pages, on se fait happer par l’histoire. Malgré les souffrances que les personnages subissent à cause de leur entourage néfaste, ces épineux problèmes sont habilement abordés à travers leurs vies, leurs douleurs et les comportements involontaires qu’ils adoptent face à une personne nuisible. Ils font des choses irraisonnées par peur ou parce qu’ils pensent que c’est la meilleure chose à faire. Brandon Arias se sert de ces errements pour faire subtilement émerger les mécanismes employés par un individu toxique afin de modifier la façon de penser des personnes qu’ils ont sous leur emprise.
Face à des individus anxiogènes, notre charge mentale est mise à rude épreuve. Et l’on comprend avec les héros.ines du livre que la clef pour s'en sortir est enfouie en nous et le declic plus proche qu'on le pense. En effet la délicatesse, l’intelligence et la prise de recul leur permettent de déceler ce qui leur permettra de se défaire des chaînes qui les emprisonnent et de s’épanouir.
Le sujet est délicat mais est amené avec ingéniosité pour déjà les voir, dans un premier temps, puis contrer par la suite un.e individu.e vénéneux.euse. Ce premier tome résonne en nous, comme pour nous adresser un message clair et fort : ne serait-ce pas le moment de faire le ménage autour de nous en identifiant les individus qui entravent notre liberté ? Viendra le moment idoine de prendre les décisions nécessaires pour s’en détacher, quitte à ce que ça se passe mal sur le coup mais être heureux.euse n’a pas de prix.
Cicatrices, de Brandon Arias, chez Vega Dupuis, 8,35 Euros