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DJ : Jean-Rémi

Julien Claudé-Pénégry

Qui est Jean-Rémi ?
Jean-Rémi est à la fois mon prénom ET mon nom de scène. Je n’ai croisé qu’un seul Jean-Rémi dans ma vie, j’en ai déduit que c’était un prénom suffisamment rare pour que je l’utilise comme pseudo dans toutes mes activités. J’ai 34 ans, j’ai grandi en banlieue parisienne, dans le 94.
J’ai compris que j’adorais danser quand j’étais au lycée, avec mes ami.e.s on s’est donc infiltré dans un club quand j’avais 17 ans. A l’époque je ne savais pas trop où sortir, du coup j’atterrissais souvent dans des endroits hétéros avec de la musique mainstream. On arrivait à bien s’amuser, mais il fallait vraiment que je protège mes copines des mecs relous.
C’est bien plus tard que j’ai trouvé des soirées LGBTI+ et queer.
Après mes études en design graphique, j’ai fait un genre de burn out et je ne voulais plus du tout entendre parler de graphisme. J’ai commencé à traîner énormément dans la cave de feu les Souffleurs, le bar le plus cool du Marais qui malheureusement n’est plus aujourd’hui. J’ai également arpenté toutes les soirées que je trouvais, le doigt toujours prêt à shazamer les morceaux qui me faisaient danser : Flash Cocotte, Trou aux Biches...
J’allais toutes les semaines aux premières Jeudi OK au Social Club : j’y ait découvert les collectifs Menergy, Fils de Vénus, Coucou, etc. J’avais la faculté de pouvoir danser toute la nuit sans drogue ni alcool. Juste de l’eau et de la bonne musique pour me déshiniber. 
Je pense que mon coup de cœur restera la House of Moda qui m’a littéralement ouvert les yeux sur ce que j’aimais dans le clubbing : un public qui vient pour s’amuser, expérimenter avec des looks extravagants, des dj sets éclectiques : pointus avec un soupçon de musiques kitsch et pop (au bon vouloir des DJs).
Je me suis peu à peu fait des ami.e.s qui mixaient, qui m’ont fait essayer (coucou Hyper Francois), et qui m’ont invité à mixer avec elleux.
Mon premier DJ set, c’était dans la petite cave des Souffleurs.
 Mon premier DJ set en club c’était pour une C.C. Party au Klub.
Puis j’ai participé à la création de plusieurs projets de soirées entre 2015 et 2016 :
- L’Extravaganza, une des premières scène drag parisienne aux Souffleurs, chapeautée par la queen Enza Fragola,
- la Gang Bambi, une soirée electro irrévérencieuse avec Loki Starfish et Nanna Volta,
- la Powerpouf, une soirée pop qui ne se prend pas du tout au sérieux avec Reno (House of Moda/Coucou).

Parle nous de ce qui te fait vibrer derrière les platines ? 
Faire DANSER les gens sans aucun doute. Mixer dans des endroits où les gens ne dansent pas (restaurant, expo, bar sans piste de danse...) ? Très peu pour moi !
Je n’aime pas trop prévoir mes sets à l’avance. J’emporte avec moi une playlist très large de ce que j’ai envie de passer pour la soirée où je vais. Mes transitions sont donc toujours improvisées. Parfois c’est risqué et certaines transitions sont maladroites. Mais ça me permet de provoquer beaucoup d’heureux accidents en live et il n’y a rien de plus grisant que de découvrir avec le public 2 morceaux qui fonctionnent bien ensemble, et de faire durer la boucle le plus longtemps possible !

Qu’est ce qui te booste actuellement comme tracks et pourquoi ? 
Là tout de suite, j’écoute énormément le remix Extended de l’Amour de Ma Vie de Billie Eilish. Ce n’est pas une chanteuse que j’écoutais plus que ça, mais son dernier album est super et la version extended est très club. Ça fait danser et pleurer en même temps : c’est mon genre de musique préféré. Sinon ces derniers mois, j’ai adoré les prods récentes de Boys Noize. Oui c’est un nom mainstream, mais son travail avec des meufs comme Shygirl, VTSS, Rico Nasty est hyper excitant et me donne immédiatement envie de danser.

Quelle est ton actualité en ce moment ? 
En ce moment, j’ai moins d’actualité en tant que DJ car j’ai repris mes études. Je m’oriente vers mon rêve d’enfance : travailler dans le jeu vidéo. J’arrive donc sur la dernière partie de ma formation et je fais un stage en tant que pixel artist et animateur 2D pour un jeu hommage aux RPG japonais de l’époque GameBoy Advance.
Toutefois je continue d’organiser la Powerpouf avec Reno. La soirée se fait au Klub 1 fois par mois. On commence avec un karaoké animé par un.e drag de 23h à 1h. Puis læ drag prend la scène pour nous éblouir avec une performance de folie. Enfin avec Reno, on mixe en back 2 back non-stop de 1h jusqu’au bout de la night. Musicalement, ça va du remix afro d’Ameno à Evanescence en passant par Britney Spears et Ascendant Vierge. Tous les coups sont permis du moment qu’on s’amuse !

On te retrouve où prochainement  ?
La prochaine Powerpouf sera le soir de la Pride parisienne : le samedi 29 juin, toujours au Klub à Châtelet. Le samedi 6 juillet, la Powerpouf est invitée à mixer au This is Drag Festival à l’Elysée Montmartre. Vous pouvez également m’entendre mixer 1 dimanche par mois à la folie après l’Apéro bingo drag de Minima Gesté.  

Des projets à venir, raconte-nous ? 
Travailler sur pleins de jeux vidéo j’espère. Et pas seulement sur la partie visuelle mais aussi participer à la partie Game Design et vaincre ma peur de mettre les mains dans le code si besoin ! Côté clubbing : je rêverais d’organiser un thé dansant. Histoire qu’on puisse danser un bon coup puis aller se coucher. Parce qu’au final : dormir c’est quand même chouette.

Retrouvez l’univers de Jean-Rémi par ici : 
Instagram
L’insta de sa soirée
Musicalement parlant, il a un mixcloud qu’il avoue ne pas être du tout à jour :
Mais il a fait une playlist des mixtapes powerpouf sur Soundcloud.

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