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Edito Strobo #31 mai/juin 2024 : nous sommes tou.te.s attaqué.e.x.s

Jamais depuis les débats sur la loi pour le mariage pour tou.te.s, les attaques contre notre communauté n’auront été aussi violentes et directes. De la part de la droite, de l’extrême-droite, des souverainistes bien sûr, et avec quelques complicités dans le pouvoir en place.

Qu’il s’agisse des attaques faites contre la GPA (et donc aussi contre les parents y ayant eu recours et leurs enfants) pour laquelle les français sont par ailleurs largement favorables, qu’il s’agisse des attaques contre les personnes trans, les enfants trans, leurs familles, leurs ami.e.x.s et leurs allié.e.x.s, qu’il s’agisse des attaques physiques et violentes quasi quotidiennes dont les gays sont les victimes sans que le gouvernement ne réagisse à la hauteur du problème, qu’il s’agisse de … [à vous de compléter, vous avez hélas le choix], notre communauté traverse en ce moment des heures assez sombres. Nous le vivons, nous le ressentons dans notre chair et au plus profond de nos identités et de nos mémoires, et l’inquiétude est grande pour beaucoup d’entre nous.

Pourtant, dans notre communauté, certain.e.x.s préfèrent tourner la tête et regarder ailleurs. Ils ne se sentent pas concerné.e.x.s par les sujets actuellement en débat et semblent persuadés que le vivre-ensemble a des limites très formelles. Mais nos droits collectifs sont un bloc. Attaquer l’un d’entre eux, c’est les attaquer tous ! Car si l’on s’en prend aujourd’hui aux personnes trans et aux familles ayant eu recours à la GPA, il ne fait aucun doute que les mêmes parlementaires homophobes et transphobes ne s’arrêteront pas là. 

Il y a un exemple récent, certes russe, qui permet de très bien décrire la mécanique. Dans cette dictature, il y a quelques années, on interdisait la « promotion » de l’homosexualité. Aujourd’hui, après plusieurs évolutions dans la loi, les organisations LGBT sont considérées comme « terroristes » et les LGBT qui revendiquent leur identité sont envoyé.e.x.s en prison. Alors bien sûr, la France n’est pas la Russie, mais l’on voit bien qu’une loi en amène une autre.

Qui nous garantit que les parlementaires homophobes-transphobes-lgbtphobes français n’iront pas plus loin ensuite ? Au FN-RN, aux portes du pouvoir paraît-il, on ne voyait pas de problèmes dans la loi russe sur l’interdiction de la « promotion » de l’homosexualité. On peut logiquement imaginer que dans la partie la plus à droite des Républicains non plus. On a toujours l’impression que nous ne perdrons jamais nos acquis, mais rien ne nous garantit que le droit de faire des Prides, de nous exprimer, de nous rassembler restera immuable dans le futur (le droit de manifestation étant déjà régulièrement empêché en France… sauf pour les nazis qui battent le pavé parisien en mai chaque année).

Et ne comptons pas sur les parlementaires de notre pays, à quelques exceptions près, pour porter spontanément des sujets relatifs à l’évolution de nos droits collectifs ! Ce sont les manifestations et les mouvements sociaux qui font bouger les politiques, et pas l’inverse ! Si demain, vous voulez vivre « aussi bien » qu’aujourd’hui, alors vous devez vous mobiliser pour nos causes communes, même si elles ne vous concernent pas directement.

Nous sommes attaqué.e.x.s mais nous ne nous battrons pas avec les armes de nos ennemi.e.s : la manipulation des faits et de petits arrangements avec la vérité. Non, il n’y a pas de « théorie transgenre » orchestrée par qui que ce soit quoiqu’en disent les deux autrices transphobes de « transmania », il y a juste des vies et de véritables souffrances que la transition permet d’éteindre dans ces cas-là. Non, il n’a pas de femme considérée comme un emballage plastique dans une GPA comme le dit M. Naulleau (toujours prêt à défendre son ami Zemmour), il y a juste beaucoup d’amour dans cet acte.

Nous avons les moyens de nous défendre contre nos ennemi.e.s. Le 9 juin, VOTONS !

Franck Desbordes, directeur de la publication

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