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Edito Strobo #30 avril/mai 2024 : "ces gens-là", oui encore !

Franck Desbordes

C’est en septembre 2022 que Strobo mag changeait sa baseline en couverture, à la suite de propos peu respectueux envers les personnes LGBTQ+, proférés par Caroline Cayeux, ministre du gouvernement débarquée quelques temps après. Strobo mag devenait le magazine de « ces gens-là » pour reprendre les propos de l’ex-ministre et marquer cette homophobie rampante qui continue à gangréner la société.

Plus de 18 mois plus tard, l’équipe de Strobo mag s’interroge : le temps ne serait-il pas venu de mettre à jour notre baseline avec un nouveau slogan, qui collerait plus avec la dynamique actuelle du magazine ? Nous en avons envie, nous cogitons, et cela viendra certainement prochainement. Mais hélas, les constats que nous faisons justifient et légitiment encore et encore l’usage de cette baseline.

Il y a peu de temps, la ministre des Sports et de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, débarquée elle aussi mais du seul ministère de l’Éducation nationale pour l’instant, s’empêtrait un peu plus à chaque déclaration publique. Ainsi naissait l’affaire du collège Stanislas, une institution privée catholique où homophobie et sexisme semblent monnaie courante. Et même si la ministre (à qui l’on a visiblement demandé de moins parler sur ce sujet) n’a pas proféré directement des propos homophobes ou assimilables, le placement de son fils dans cette institution revient au même : l’adhésion à des valeurs ultra-traditionnelles, dont certaines sont contraires aux valeurs et aux lois de la République. Se pose désormais clairement la question du financement par l’État d’institutions qui ne respectent pas les lois de notre pays…

Plus récemment, c’est au Sénat que Les Républicains attaquaient la communauté trans, en voulant interdire le changement de genre avant la majorité. C’est Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice du Val d’Oise qui a dirigé les travaux pour aboutir à un projet de loi. Et là encore, le ressenti est violent pour les personnes trans, leurs ami.e.s, leurs familles, et tous les militant.e.s de la communauté LGBTQIA+. Ces adolescent.e.s sont ainsi désignée.e.s comme des personnes immatures faisant un caprice, Les Républicains parlent de ces personnes sans avoir entendu et compris la souffrance, en écartant même le fait que le nombre de suicides chez les adolescent.e.s LGBTQIAP+ est beaucoup plus élevé que chez les ados hétéros. Ils sont aveugles et sourds, au service d’une idéologie très à droite et très conservatrice. Et les adolecent.e.s concerné.e.s sont à leur tour « ces gens-là ».

Mais à quel moment ces élu.e.s (il y en a plein d’autres) vont-ils et elles laisser parler prioritairement les personnes concernées avant de s’engager dans des voies purement dogmatiques, loin de la vraie vie des gens et de leurs problèmes ?! N’est-ce pas, s’ils et elles sont honnêtes, leur devoir devant la Nation ? Heureusement, la sénatrice Mélanie Vogel, comme d'autres, contre-attaque régulièrement et efficacement. Vous pouvez retrouver notre dossier sur ce sujet dans nos pages.

Nous devons rester sur nos gardes, il y a dans nos institutions énormément d’homophobes, de transphobes et de sinistres personnages se réclamant de la lutte « anti-woke » sans même savoir de quoi ils et elles parlent, ceci leur permettant d’exprimer régulièrement leurs phobies et démontrer leur ignorance.

Mais nous ne sommes pas obligés de subir ces attaques permanentes, nous avons le pouvoir de changer les choses, en votant. Les élections européennes arrivent à grand pas, et traditionnellement, elles n’intéressent pas grand monde (ce qui d’ailleurs fait mécaniquement le jeu du FN-RN). Alors peut-être que cette fois-ci, le 9 juin prochain, nous pourrions ne pas laisser les haineux prendre totalement le pouvoir et décider pour nos vies, nos corps, nos amours et nos libertés. Pour qu’un jour, peut-être, nous ne soyons définitivement plus « ces gens-là ».

Franck Desbordes, Blue Savanah

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