Si vous n’êtes pas de droite ou d’extrême-droite, non ! Si vous êtes un tant soit peu attaché.e.s aux questions relatives aux Droits de de l’Homme, non ! Si vous êtes engagé.e.s dans la lutte contre le sida, non ! Si vous êtes miliant.e.s LGBTQI+, non plus ! Et si vous êtes attaché.e.s. à une Europe humaine et juste, a priori non ! Parce que plusieurs faits politiques récents permettent d’annoncer une sombre et sinistre année 2024.
Le 19 décembre, en France, la macronie, le centre, la droite et l’extrême-droite votaient main dans la main la nouvelle loi sur l’immigration, la plus dure qui n’ait jamais été votée depuis plusieurs décennies, une loi très dissuasive pour ceux qui sont obligés de fuir leur pays. Cette loi est directement inspirée des pires « idées » de l’extrême-droite, la droite républicaine, porteuse ce cette loi, ayant perdu sa boussole et ses valeurs. Et les gays, lesbiennes, hétéros et tou.te.s les autres un tant soit peu concerné.e.s par la lutte contre le racisme, impliqué.e.s dans la lutte contre le sida et pour les Droits de l’Homme, furent spontanément et légitimement très en colère.
Car en termes de santé publique, interdire ou affaiblir l’accès aux soins à un groupe populationnel en particulier est contre-productif. Les virus ne font pas de politique, et le fait de compliquer l’accès aux soins de certains favorisera la contagion sur le groupe suivant, puis sur le groupe d’après. On voudrait ne pas tenir l’objectif de la fin à l’épidémie de VIH-sida en 2030 que l’on ne s’y prendrait pas autrement !
Pire ! La France va renvoyer dans leur pays d’origine des personnes dont nous savons qu’elles ne bénéficieront pas de traitements adaptés à leur pathologie ou de traitements suffisamment efficaces pour qu’elles survivent. Imaginez si en plus, ledit expulsé.e est un.e homosexuel.le renvoyé.e dans un pays homophobe ! Cette loi n’est pas seulement inhumaine et contraire à la morale, elle est mortifère !
D’ailleurs, quelques jours plus tard, le 31 décembre, le président du Burundi appelait à rassembler tous les gays de son pays dans un stade afin de les lapider (mise à mort par jets de pierres). Nous, Français, aurions pu imaginer tendre la main, publiquement, aux potentielles futures victimes de ce régime. La France n’a rien fait. La France n’a rien dit. Elle ne le pouvait de toutes façons pas du fait de ce vote récent de l’Assemblée nationale. Et l’effet dissuasif de cette loi jouera à plein auprès de ceux dont on imagine l’état de peur actuel dans leur pays.
Quelques jours plus tard encore, la France avait son premier Premier ministre gay. La belle affaire ! Sera-t-il plus « sensible » à ces questions du fait de son parcours et des brimades, stigmatisations, moqueries dont il a pu faire l’objet ? La réponse a été apportée quelques heures plus tard avec la nomination de ministres issue de la droite dure, dont une belle partie partageait les idées homophobes de La Manif Pour Tous à l’époque. Des anciens réfractaires à nos valeurs et à nos droits pour porter la lutte contre l’homophobie et la tolérance… Et après, on se demande pourquoi les Français ne vont plus aux urnes… Et si l’on cherchait du côté de l’opportunisme ?
Déçu.e.s, nous le serons certainement car notre Premier ministre, alors qu’il était ministre de l’Éducation, avait promis une enquête sur le suicide de Lucas, jeune étudiant homosexuel victime de harcèlement. A cette heure, la parole n’a pas été tenue.
Et à tous ceux qui répondront que la loi pour l’accès à la PMA pour les couples de femmes a été votée grâce à Macron, il faut rappeler que cette loi reste transphobe puisqu’elle interdit ce droit aux hommes trans qui ont pourtant un utérus ( !)
Non, décidément, 2024 ne sera pas une bonne année pour beaucoup d’entre nous, et c’est en fait tout à notre honneur.
Franck Desbordes, Directeur de la publication