Il y a des propos qui même s’ils paraissent anodins au premier abord n’en restent pas moins foncièrement homophobes.
Sardou hait ce siècle et vice-versa
On peut toujours compter sur Laurent Ruquier pour donner la parole aux réacs et s’en gargariser au passage. Pour l’une des premières de sa nouvelle émission sur BFMTV, Le 20h de Ruquier, l’animateur avait invité Michel Sardou, en promo pour un best-of et une nouvelle tournée. Interrogé sur ce qu’il pensait du féminisme, il a donné la réponse qu’on attendait de lui : « je déteste le féminisme, je déteste le wokisme, je hais ce siècle. Je hais tout. Je quitte Paris parce que je ne supporte plus Paris. C'est insupportable, c'est laid, c’est moche. » Il précise malgré tout son propos sur le féminisme : « les femmes ont raison de se défendre, de demander leurs droits (...) de réclamer le même salaire que les hommes, je trouve ça complètement juste. Par contre, qu'elles n'en fassent pas trop ! Qu'elles aiment un peu les hommes ! » Lors de la Pride de Marseille, la drag-queen Madame Victor lui a répondu en arborant fièrement une pancarte « Ce siècle déteste Sardou ». On ne saurait mieux dire.
Chants homophobes dans les stades : une chroniqueuse de C8 recadre Jacques Cardoze
Les chants homophobes dans les stades trouvent toujours leurs défenseurs. Parce que ça fait partie du folklore, parce qu’il ne faut pas emmerder les supporters, etc. Dernier en date, Jacques Cardoze, dans l’émission Touche pas à mon poste sur C8. Heureusement, en face de lui, Géraldine Maillet lui a répondu fermement et a recadré ses propos, qu’elle a qualifiés de « consternants ». « Les Marseillais c’est des pédés, c’est pas homophobe pour toi? Imagine qu’on ait dit « les Marseillais c’est des bougnoules, les marseillais c’est des nègres ou c’est des youpins", ça passe crème parce que ça fait partie du folklore du foot ? » Le chroniqueur lui répond que non parce que « nègre » c’est une insulte raciste. « Eh bien, l’homophobie c’est un délit, pas une opinion », rétorque Géraldine Maillet. Pas sûr qu’elle soit entendue, toutefois.
Le petit-fils de Pagnol traite les élus marseillais de “lopettes”
Le génie et l’élégance sont rarement héréditaires. Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, s’est illustré récemment en traitant la majorité municipale marseillaise de « lopettes ». En cause, la gestion du Château de la Buzine, le fameux « Château de ma mère », décrit dans les romans de Marcel Pagnol, par la mairie. Le petit-fils de l’écrivain n’apprécie pas que la mairie lui en ait retiré la gestion, qu’il exerçait depuis 5 ans. Dans une tribune publiée par La Marseillaise, les élus de la majorité municipale ont condamné le terme utilisé par Nicolas Pagnol : « dans un contexte où les violences contre les personnes homosexuelles perdurent et s’intensifient, et à la veille de la 30ème marche des fiertés marseillaise qui promeut l’inclusion et l’égalité des droits, l’utilisation de tels propos relève d’une violence insupportable à l’égard de celles et de ceux qui sont déjà victimes de graves oppressions. »
LFI et les « tafioles de merde »
On croit rêver. A la France Insoumise, on débat actuellement de l’expression « tafioles de merde”. Est-ce homophobe ? A l’origine de cette « polémique » un sujet du magazine de France 2 Complément d’enquête, qui révèle une conversation professionnelle de la députée France Insoumise (LFI) Sophia Chikirou, lorsque celle-ci dirigeait Le Media. On peut lire que celle qui n’est pas encore députée s’énerve contre des « tafioles de merde ». Pas très compatible avec le ligne d’un parti censé être proche des minorités. Ces propos ont causé un certain embarras chez les Insoumis. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée reconnaît qu’il s’agit d’un mot homophobe, mais beaucoup de ses collègues se refusent à condamner les propos de la députée réputée très proche de Jean-Luc Mélenchon. SOS homophobie n’a pas ce genre de pudeur : « nous condamnons les propos profondément homophobes de la députée LFI Sophia Chikirou rapportés dans « Complément d’enquête », écrit l’association sur X(ex Twitter). Ils entretiennent et banalisent l’homophobie, a fortiori quand ils sont prononcés par une députée de la République. La haine anti-LGBTI commence par les mots. Si ces propos sont confirmés, ils doivent être condamnés avec clarté au plus haut niveau du parti politique de Sophia Chikirou et des sanctions fermes doivent être décidées. On risque d’attendre longtemps les sanctions…