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Les Chroniques de Santa Francès

Julien Claudé-Pénégry

Qui est l’auteur derrière Santa Frances ?

Moi, Jean Frédéric Koné. Je suis un illustrateur et artiste français d’origine ivoirienne, et maintenant officiellement auteur de bandes-dessinées, puisque mon premier livre, une version imprimée de mon webcomic Santa Frances, est sortie en décembre dernier, même si j’en ai créé tout un tas d’autres depuis très longtemps.

Pourquoi cette histoire n’était disponible que sur ta page Patreon ?

La version non-censurée de la BD a en effet commencé sa publication sur Patreon, un site où les artistes peuvent recevoir un soutien financier de leurs fans, ce qui m’a d’ailleurs permis par la suite d’accorder tout mon temps à la production de celle-ci. Une version censurée a également débuté simultanément sur Instagram, ce qui a contribué à sa popularité.

Du webcomics à l’album, qu’est-ce qui t’a donné envie de transformer l’essai ?

Si on regarde bien les planches de SF, il n’y a rien qui indique qu’elles ont été réalisées pour une diffusion sur le net, parce que ce n’est qu’à moitié le cas. J’ai toujours conçu mes bd avec une édition papier en tête, mais la diffusion sur le web est tout simplement plus accessible et viable pour ce genre d’histoire, et pour un projet personnel comme celui-ci. Il y a cependant immédiatement eu des demandes de lecteurs pour une version papier, et après avoir envisagé une auto-edition, j’ai finalement collaboré avec David Foissard, qui est à l’origine de recueils d’illustrations gay comme BogossBook, pour la sortie du volume un.

Où est-ce que tu puises les sources et les rebondissements de cette histoire ? Dans la fiction ou l’autobiographie ? 

Je suis un homme cis-gay dans la trentaine qui a toujours vécu dans des grandes villes, mes personnages principaux sont des hommes cis-gays dans ma trentaine qui vivent dans une grande ville. Il y a forcément beaucoup de choses qui se recoupent avec ma vie personnelle, certaines que j’ai inséré sciemment dans l’intrigue, et d’autres que j’ai ré imaginé. Cela dit, les personnages sont tous fictifs !

Pourquoi avoir fait le choix de présenter des planches à la fois noir et blanche et couleurs ?

Parce que mon rythme de publication au départ ne me permettait pas de mettre les planches en couleurs. Même si je publie nettement moins que la vingtaine / trentaine de pages par semaine du début (à éviter si on veut rester en bonne santé), j’aime bien le format noir et blanc, et ça rend les quelques chapitres en couleurs d’autant plus intéressants, comme l’épisode inédit qui se trouve dans le  volume un.

Lorsque l’histoire touche à l’intimité  des protagonistes, ça ne passe pas par  4 chemins, c’est explicite ?

Je n’avais pas de raison de ne pas dépeindre explicitement les scènes de sexe puisque la série est adressée à un public adulte et que le sexe est l’un des sujets principaux. L’un des meilleurs compliments qu’on a pu faire à cette BD, c’est que les lecteurs commencent à la lire pour le sexe et restent pour l’intrigue et les personnages. S’il y a un message, c’est peut-être qu’il est tout à fait possible de créer un feuilleton à suivre avec des scènes pornographiques sans que cela n’enlève rien à la cohérence du propos ?

 Pourquoi Santa Frances ?   

Parce que San Francisco reste dans l’imaginaire collectif cette espèce de Mecque, paradis gay, même si c’est plus compliqué que ça. Ma version de cette ville est une cité remplie d’hommes queer où chaque nouveau personnage est potentiellement un nouveau partenaire sexuel ou amoureux, et où l’homophobie est un non-sujet même si d’autres problématiques sont explorées dans les épisodes suivants.

Avec ce premier tome, on suppose qu’un second est en préparation ?

La série comptera en tout 6 volumes, dont le 5ème est en cours de publication en ce moment même en ligne. La campagne de financement pour le premier volume ayant vraiment bien fonctionné, la seconde ne va pas tarder pour une sortie fin 2023.

Que va devenir l’univers du webcomics Santa Frances en ligne ? Des épisodes exclusifs ? Des gifts ? 

Une fois la série terminée, j’avoue ne pas y avoir encore réfléchi. J’ai d’autres projets sur le feu que j’aurais déjà dû attaquer, et c’est ce que je ferai quand j’aurais terminé la publication des épisodes cette année. Cela dit, Santa Frances est un univers où il est facile de revenir, et il y a d’autres sujets qui touchent la communauté LGBTQ plus large que je n’ai pas abordé dans tout ce que j’ai écrit jusqu’ici, qui pourraient être explorés dans des histoires courtes… ou une “saison 2”. A voir, donc.

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