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Edito Strobo #20 mars/mai 2023 : l'édito du dernier numéro a hélas pris tout son sens

Franck Desbordes

Parfois on aimerait avoir tort, vraiment. On aimerait en se relisant se dire qu’on est heureux de s’être trompé. On se moquerait de soi-même en se disant que l’on est peut-être un peu trop souvent dans l’excès et qu’il faut se calmer.

Hélas, l’édito de notre dernier numéro de Strobo mag (n°19) a raisonné très fort dans nos têtes ces deux derniers mois avec le suicide du jeune Lucas, 13 ans, harcelé à l’école pour homophobie. Dans ce texte, nous parlions de ces hommes et femmes politiques, « anciens » soutien de la Manif pour tous, et dont certain.e.s se disent aujourd’hui officiellement horrifié.e.s par ce drame.

Pourtant, iel.le.s n’ont pas fait leur mea culpa officiel. Pas d’excuses, pas de regrets. Si bien qu’aujourd’hui, notre communauté en est réduite à constater que l’homophobie « d’hier » a laissé place aujourd’hui à l’opportunisme le plus sale qui soit. Comment peut-on être à ce point inhumain, politicien au pire sens du terme, et abject ?! Il n’y pas de trait d’union logique et possible entre le soutien net et franc à une organisation homophobe et l’expression d’une tristesse sincère quand un enfant victime d’homophobie à l’école se donne la mort ! Ce trait d’union nécessaire et préalable, c’est un examen de conscience demandé par la sénatrice Mélanie Vogel à une partie des Républicains, un examen de conscience qui ensuite serait logiquement suivi d’excuses officielles auprès de notre communauté.

M. Ciotti, président des Républicains justement, déclarait après ce drame « avoir le devoir de combattre toute forme d’homophobie » … à peine quelques mois après avoir affiché ses sensibilités pour Éric Zemmour, ennemi affiché de notre communauté si riche de genres, de libertés et de pluralité. Est-ce de l’inconscience, un jeu politique ou juste l’exercice imposé par le dogme  ?

Quoiqu’il en soit, cette absence de demande de pardon et de clarification nécessaire explique aussi la haine et la violence dans la société, et le harcèlement, à l’école, au travail, en famille. En cela, ces hommes et femmes politiques sont aussi pleinement responsables. Mais qu’attendre en réalité de celles et ceux qui, encore ces derniers jours, s’affichent en ennemis du peuple en votant la loi sur la réforme des retraites dont très majoritairement ce dernier ne veut pas. Au moins, ce tableau-là a le mérite de la clarté !

Le mensonge, quand on le prend en pleine tête, génère en retour la colère. Alors, légitimement, tous « ces gens-là » sont très en colère. Et personnellement, je suis vraiment fier d’en faire partie.

Franck Desbordes, Directeur de la publication

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