Chouette, elle est partie, et Strobo mag s’en réjouit. La ministre Caroline Cayeux a donc dû quitter le gouvernement, non pas pour ses propos homophobes et son « ancien » soutien à la Manif pour tous, mais pour des faits d’une possible sous-évaluation de son patrimoine, d’après la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Celle qui qualifiait les gays et lesbiennes de « ces gens-là » a donc fait ses cartons fin novembre.
Et Strobo mag qui venait d’adopter en baseline sur sa couv « le magazine de « ces gens-là» »… nous voilà dans de beaux draps ! Ou pas. Parce que le sujet reste hélas bel et bien d’actualité. Ils sont encore nombreux sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat, au gouvernement aussi, à avoir un passé homophobe ou de soutien et complicité à des organisations militantes homophobes, ou pour le dire avec un peu plus de modération : avec des organisations luttant contre les intérêts et les droits des personnes LGBTQIAP+. Avec encore aujourd’hui, quand il s’agit d’évoquer le sujet de l’accès à la PMA pour les personnes transgenres, des prises de position clairement transphobes.
Ils sont encore nombreux aussi, sur ces mêmes bancs, à défendre le bienfondé de lois ignobles et totalement inefficaces, comme la loi de 1970 sur l’usage de stupéfiants qui ne traite pas le problème et isole, met en danger celles et ceux qui au contraire ont besoin d’accompagnement et de soutien ; comme la loi sur la pénalisation des clients des travailleurs et travailleuses du sexe. Avec pour conséquence, des mort.e.s dont ces mêmes représentants de la Nation estiment à ne pas avoir à porter la responsabilité, alors que par leur seul silence, elle est éloquente. Le silence et l’inaction peut s’avérer criminels parfois.
Vous retrouverez dans ce numéro une enquête sur ces lois qui produisent des conséquences inverses à l’objectif recherché.
Comme vous avez pu le constater, depuis quelques numéros, Strobo mag adopte un ton plus engagé, plus militant, plus critique aussi. Et plus culturel aussi quand cette culture apporte la réflexion, le débat, et défend le vivre-ensemble.
Alors plus que jamais, oui, Strobo mag est et reste « Le magazine de « ces gens-là ».
Franck Desbordes, Directeur de la publication