La présence de personnages LGBTQI+ dans le gaming est une donnée qui ouvre de nouvelles perspectives aux joueurs quelqu’iel.le.s soient.
Luttes communes. Destins parallèles. « La communauté gay, lesbienne, LGBT dans son ensemble, a souvent mal été représentée dans le jeu vidéo, à l’image de la société. Dans la société, on ne la voyait pas forcément, et puis dans le jeu vidéo, c’était difficile, en fait, de l’exprimer, de la montrer », constate Melinda Davan-Soulas, journaliste spécialisée jeux vidéo dans un reportage du média en ligne Brut. Longtemps les histoires se restreignaient à un profil hétéronormé, CISgenré, en gros une représentation tronquée de la réalité de la population de joueurs. (Cf Strobo n°15 – reportage dédié à Next Gamers, association de joueurs LGBTQIAP+). Mais lorsque nos vies personnelles se télescopent avec ses fictions que nous aimons tant, une certaine frustration se fait ressentir à l’idée que nous n’avons pas nos places dans l’esprit des concepteurs de jeux.
Explorer de nouveaux territoires
Face à une société en évolution constante, les inventeurs de jeux ont pris enfin le pas et travaillent désormais à intégrer dans leurs aventures des personnages couvrant l’ensemble des possibles tant autant sur le plan sexuel que de genre. Ils vont même jusqu’à en faire des héros à part entière. Dead by Daylight franchit le pas avec Devotion, le nouveau chapitre des « Archives », publié le 28 avril. Demandé par des joueurs qui ont été entendus, on plonge par une nouvelle direction narrative dans les souvenirs de David King, présenté comme le premier personnage LGBTQIAAP+, par l’éditeur de ce jeu qui culmine à plus de 50 millions de joueurs. Pour donner de la consistance à cette histoire, un consultant a été sollicité. C’est GaymerX, une firme qui travaille dans l’intégration LGBTQIAAP+ dans l’univers gaming. Il a prodigué ses conseils pour sortir des clichés, donnant ainsi du corps à l’ensemble sans que cela soit perçue comme saugrenue.
Volonté d’identification
Les jeux apprennent de la société et inversement. Le développeur The Game Bakers qui est derrière le jeu de coopération Haven donne depuis mars la possibilité de choisir le genre des personnages. Sur PC, les Sims ont ouvert la voie à ce petit monde. Lancé en 2000, les personnages ont toujours pu se lier à n’importe qui, homo, hétéro, bisexuel. Mais le bât blesse, car les unions ne sont possibles qu’entre personnes de sexes différents à l'époque. La version des Sims 3 casse les codes et les genres disparaissent. Un nouveau monde apparaît plus en phase avec la réalité du quotidien loin des écrans. Les couples homoparentaux et la personnalisation sont permis. Plus de restrictions sur Sims 4 qui dès 2014 se veut le porte-drapeau de l’intersectionnalité et du personnage qui vous colle désormais à la peau. Une révolution qui aujourd’hui encore est présentée comme un point de référence sur l’ouverture d’esprit et l’accompagnement des minorités.