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Prévention : variole du singe

Franck Desbordes

Le virus de la variole du singe (Monkeypox en anglais) circule actuellement en France et dans le reste du monde. Point au 15 juin 2022.

Qu’est-ce que la variole du singe ?
Egalement appelé Monkeypox, la variole du singe est une maladie provoquée par un virus. Ce virus est habituellement transmis à l’homme dans les zones forestières d’Afrique du Centre et de l’Ouest par des rongeur sauvages ou des singes.

Pourquoi en parle-t-on maintenant ?
En mai 2022, des cas de variole du singe ont été diagnostiqués en Europe chez des personnes qui n’ont pas séjournées en Afrique. La maladie s’est transmise entre êtres humains cette fois-ci. Pour l’instant, hors d’Afrique, il n’y a pas eu de décès liés à cette maladie et très peu de cas graves. Nous sommes au début de cette épidémie et nous en apprenons un peu plus chaque jour sur la maladie. Aussi, les informations présentées ici sont susceptibles d’évoluer rapidement.

Pourquoi ce virus contamine les gays ?
La plupart des cas rapportés actuellement en Europe  concerne des hommes gays ou bisexuels.
Pourquoi ? La variole du singe n’est pas une « maladie gay » : tout le monde peut être infecté par cette maladie. Mais toutes les épidémies commencent quelque part, dans une population plutôt qu’une autre. De grands rassemblements européens, après deux années de Covid, ont favorisé la transmission parmi les hommes gays et bisexuels en raison du nombre de participants et de leur origine de nombreux pays.
Il n’y a pas de honte à avoir si vous êtes  malade de la variole du singe. C’est un virus comme un autre qui rend les personnes malades sans qu’elles en soient responsables.
Ce qui est important, c’est de se tenir informé, de partager l’information, de surveiller les symptômes et de suivre les conseils des médecins.

Comment le virus se transmet ?
La variole du singe se transmet par :
• le contact de la peau ou des muqueuses (bouche, sexe, anus) avec les boutons ou les croûtes 
• les gouttelettes (postillons, éternuement…)
Dans quelles situations?
• Long face-à-face, par les gouttelettes
• Contact physique rapproché, notamment lors d’un rapport sexuel, par le contact de la peau ou des muqueuses avec les boutons ou les croûtes 
• Partage de linge (vêtements, draps, serviettes…), ustensile de toilette (brosses à dents, rasoirs…), vaisselle, sextoy, seringue…

Aujourd’hui, Le Monkeypox n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST) mais les rapports sexuels réunissent toutes les conditions pour une contamination. Avoir plusieurs partenaires augmente le risque d’être exposé au virus.

Comment se protéger d’une infection par la variole du singe ?
Les rassemblements en extérieur, lorsque des vêtements recouvrent le corps, ne semblent pas très risqués.
Si vous devez passer plusieurs heures dans un endroit fermé avec d’autres personnes, le port du masque peut vous protéger.
Fréquenter des espaces fermés en étant peu habillé, par exemple en sauna ou backroom, augmente l’exposition au virus par le contact avec la peau.

Quels sont les symptômes de la variole du singe ?
La maladie peut provoquer :
• Des boutons sur le corps (sur le visage, dans la bouche, les paumes de mains, les plantes des pieds, au niveau du sexe et de de l’anus, sur le buste ou les membres)
• Une fièvre
• Des ganglions enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine
• Des maux de gorges
• Des maux de tête
• Des douleurs musculaires 
• De la fatigue
Au bout de quelques jours ou semaines :
• Les boutons sèchent et deviennent des croûtes
• Les croûtes tombent puis les lésions cicatrisent
Ces symptômes ne sont pas systématiques et varient d’une personne à l’autre. Il n’y a parfois pas de fièvre, parfois très peu de boutons.

Une personne malade peut contaminer dès l’apparition des symptômes et jusqu’à la cicatrisation des lésions.
Tant qu’il n’y a pas de symptômes, il ne semble pas y avoir de risque de transmission.

Que faire en cas de symptômes ?
Si des boutons apparaissent :
• Contactez votre médecin ou appelez le 15
• Isolez-vous si possible dans une pièce
• Evitez particulièrement tout contact avec les personnes les plus fragiles (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes immunodéprimées)
• Limitez les situations de contact physique, notamment les rapports sexuels, en attendant d’avoir fait un test et de savoir si vous êtes malade ou pas
• Portez un masque même si vous n’avez pas mal à la gorge
• Essayer de porter des vêtements qui couvrent bien les boutons
• Essayer de ne pas gratter les lésions car cela pourrait laisser des cicatrices
• Eviter de vous toucher une autre zone du corps si vous avez touché des boutons, vous risqueriez de créer d’autres boutons
• Ne vous touchez surtout pas les yeux après avoir touché des boutons pour ne pas abimer votre cornée

Est-ce que c’est grave ? Pour qui ?
La maladie dure en général de 2 à 3 semaines, parfois jusqu’à 4 semaines. La plupart du temps, elle guérit toute seule. Mais dans de très rares cas, il peut y avoir des complications (troubles neurologiques, difficultés respiratoires, séquelles ophtalmiques).

Ces personnes ont plus de risque de développer une forme grave :
• les femmes enceintes
• les jeunes enfants
• les personnes immunodéprimées (notamment les personnes infectées par le VIH qui ne sont pas sous traitement)

Quand on est malade, comment s’isoler pour ne pas contaminer son entourage ?
• Avoir une pièce dédiée
• Ne pas avoir de contact physique avec d’autres personnes (y compris rapport sexuel)
• Dormir seul
• Ne pas partager sa vaisselle, son linge (vêtements, draps et serviettes de bain), ses ustensiles de toilette (brosse à dents, rasoirs, etc.), ses sextoys, ses seringues…
• Ne pas toucher les animaux domestiques pour ne pas risquer de leur transmettre le virus et essayer, autant que possible, de les faire garder le temps de l'isolement.

Si vous devez être en contact avec d’autres personnes :
• Couvrir les boutons (porter des vêtements couvrant les bras et les jambes, mettre des pansements)
• Porter un masque chirurgical 
• Se laver les mains avant de toucher des objets partagés (poignées de portes…)
 Si vous êtes malade, voici une fiche conseil pour ne pas transmettre le virus.

Ce que l’on ne sait pas encore
Ce qui est observé actuellement en Europe semble un peu différent des épidémies sur le continent Africain. Par exemple, les symptômes ne sont pas tout à fait les mêmes et, pour le moment, la maladie semble également moins grave.
Nous devrions également en apprendre plus dans les prochaines semaines sur les modes de transmissions. Des chercheurs ont découvert de l’ADN du virus dans le sperme de personnes malades, mais on  ne sait pas encore si le sperme peut transmettre la maladie.

Au fur et à mesure que nous en apprendrons davantage sur cette maladie, nous mettrons à jour les recommandations pour vous aider à vous protéger et à prévenir la propagation de la variole du singe.

Pour en savoir plus

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