Notre dernier numéro a marqué un très beau pas dans la diversité des contenus, s’adressant à toutes les communautés : lesbiennes, gays, bi.e.s, trans, queer, intersexes, asexuel.le.s, allié.e.s, pansexuel.le.s, bigenres, gender fluid, cis, non binaires,…. puisque nous essayons désormais d’intégrer toutes les diversités dans nos rubriques. Pour autant, et malgré nos efforts, l’impression générale quand on feuillette Strobo mag est qu’il reste majoritairement gay. Et c’est un peu comme en météo avec la température ressentie, c’est vrai et faux à la fois.
Dans les faits, le principe de réalité s’impose à nous : la grande majorité des rendez-vous est encore organisée et fréquentée par des gays cis, même s’il on note de profonds changements sur ce point depuis plusieurs mois. Les mouvements all gender/gender fluid se sont bien installés, souvent à l’initiative de publics jeunes et/ou progressistes mais il est évident que ces évents restent, à cette heure, encore minoritaires.
Un autre principe de réalité s’impose à nous : nos annonceurs publicitaires proposent des services, des produits ou des soirées destinés prioritairement à un public cis gay, ou véhiculent des images cis gay, parce que les décideurs sont souvent eux-mêmes cis gay et qu’ils n’ont pas tous encore eu les réflexions nécessaires, surtout en termes d’ouverture de marché. Et en matière de presse gratuite, ce sont bien les annonceurs publicitaires qui sont les financeurs. Alors, oui, il y a des visuels pub avec des beaux mecs en pleine page dans nos maquettes. On peut certes nous le reprocher, mais fixer des quotas reviendrait à ne plus disposer des ressources financières nécessaires pour publier Strobo mag. Et pourtant, on aimerait bien avoir aussi des annon-
ceurs/euses lesbiennes, queer, gender fluid et non binaires … (ça vient, regardez notre couv pour Bonkers, et depuis très longtemps les visuels de The Labo).
Mais surtout, regarder les choses sous ce seul angle revient à faire une très mauvaise analyse. Car qui se penche réellement sur les contenus de Strobo mag constatera qu’effectivement, ils sont bel et bien riches de diversités LGBTQQIAAP+. En réalité, c’est bien grâce à ces annonceurs gay cis, que nous pouvons donc publier des contenus qui dépassent largement cette seule cible. Et d’un coup, le beau mâle musclé sur la pub devient plus sexy ! C’est grâce à lui que nous pouvons traiter d'autres sujets pour d'autres communautés.
En réalité, le « reproche » qui nous est fait est souvent une réaction d’opposition entre les groupes, là où justement, nous devons jouer collectif et solidaire. C’est le choix que Strobo mag a fait pour sa nouvelle ligne éditoriale : l’inclusivité. « il faut aller à l'idéal en passant par le réel » disait Jean Jaurès. Longue vie à la nouvelle formule de Strobo mag, très LGBTQQIAAP+ !
Franck Desbordes, Directeur de la publication