Parmi les acteurs de la prévention, Aremedia est une association de terrain qui propose une approche singulière. Rencontre avec sa directrice, Solène Bost.
Peux-tu nous présenter Aremedia ?
Fondée en 1993, l’association de santé publique Aremedia a pour objet la promotion de la santé, en particulier sexuelle, ainsi que la prévention et la réduction des risques liés à la consommation de produits psycho-actifs.
L’association Aremedia a développé, dès 2001, à Paris et en Ile-de-France - en partenariat avec l’Hôpital Fernand-Widal (AP-HP) – le dispositif hospitalo-associatif dit « Hôpital Hors les Murs », un véritable outil de santé publique permettant de lutter plus efficacement contre l’épidémie cachée francilienne de VIH/Sida.
Nous accompagnons nos partenaires locaux dans la réalisation d’actions de dépistage « hors les murs », mettant en lien étroit, d’une part, les ressources hospitalières disponibles dites de « droit commun » –et d’autre part, plusieurs associations locales communautaires ou spécialisées.
La coopération de ces différents acteurs permet de favoriser notamment un meilleur accès à une offre globale de santé sexuelle pour les « populations-clé » locales : travailleuses et travailleurs du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes,…
Les diverses populations éloignées du dépistage et du soin, souffrent de puissants freins d’accès spontanéÌs aux dispositifs conventionnels de « droit commun » – même anonymes, gratuits et de proximité.
Probablement d’ordre psycho-social, notamment explicables par la crainte de la stigmatisation et de la discrimination sociales de la part de la population générale mais aussi des professionnels de santé, ces freins pourront être en partie levés par la mise en œuvre locale du dispositif « Hôpital Hors les Murs » qui favorise la lutte contre l’«épidémie cachée» (ou plutôt non diagnostiquée) de VIH/Sida et l’accès au soin, sans délai, de ces populations socialement reléguées.
En mobilisant et en impliquant, ensemble et durablement, les professionnels de santé du « droit commun » aux côtés des acteurs associatifs locaux, communautaires ou spécialisés, l’association Aremedia entend agir positivement sur la santé, en particulier la santé sexuelle, et répondre aux besoins actuels des « populations-clé » de l’épidémie de VIH/Sida – travailleuses et travailleurs du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, etc. – qui demeurent aujourd’hui éloignées de l’offre publique de dépistage et de soins, alors même qu’il.elle.s sont les plus exposé.e.s à ces maladies et à leur transmission.
Quels sont les publics auxquels vous vous adressez ?
Nous déployons des actions de dépistage auprès de différents publics, qui ont pour point commun d’être les plus exposés au VIH et au IST, de par leurs pratiques ou la communauté à laquelle ils appartiennent. Nous sommes présents dans des soirées festives où se retrouve un public LGBTQIA+, mais également dans des saunas HSH (Sun, IDM,..). Nous proposons également du dépistage auprès de travailleur-euses du sexe, dans des unités mobiles.
Quelles sont les particularités d’Aremedia ?
Une des particularités de l’association Aremedia réside dans cette offre de dépistage « hors les murs », (dite la « Totale »). Ainsi peu importe les lieux nous pouvons proposer un dépistage complet du VIH et des IST (Hépatites A, B, C, Syphilis, chlamydia, gonorrhée), une offre identique à celle des centres de dépistage.
Pour ce faire une équipe de trois personnes est mobilisée, un.e médecin, un.e infirmier.e et un.e Intervenant.e d’Aremedia, qui partage les mêmes valeurs de non-jugement et de bienveillance. A la suite des dépistages, nous assurons également un suivi et un accompagnement des personnes si celà nous est demandé.
Quels sont les rendez-vous et moments forts d’Aremedia ?
Notre année est ainsi rythmée par des moments forts, parmi eux le Sidaction qui se tient fin mars, au mois de mai le Idahot, en juin la marche des fiertés, la quinzaine de dépistage organisée par l’ARS en novembre ou encore le 1er décembre, journée internationale de lutte contre le Sida dont l’énergie et la mobilisation collective qui s’en dégage nous rappelle à tous et toutes pourquoi nous sommes engagé.e.s dans la lutte contre le VIH au quotidien.