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L’Artishow must go on !

Geypner

Depuis 20 ans, la fête bat son plein au cabaret Artishow. Spectacle après spectacle, la passion et la féérie ne se tarissent pas dans cet écrin de l’art du transformisme. Chaque soir, les plus grands noms du show-biz se réunissent sur scène pour un show haut en couleur et en paillettes. Une histoire hors du commun.

Lové discrètement au bout de la Cité Souzy dans le 11e arrondissement de Paris, l’Artishow se prépare à vivre une énième nuit de folie douce. Le cabaret le plus chaleureux de Paris ouvre ses portes à 20h devant une file d’impatients amassés sur le trottoir. Dans les coulisses de l’établissement depuis une paire d’heures, c’est déjà l’effervescence. Les artistes s’affairent en loge avec leurs tenues de paillettes, les make-up à peaufiner tandis qu’en cuisine, les cuistos peaufinent les mets qui composent les menus sur des fourneaux qui chauffent à plein. Le public s’engouffre sur une terrasse, lieu des brunchs festifs des dimanches ensoleillés. Passage par le vestiaire obligatoire. Là, premier contact avec le monde du transformisme. Galipette et sa taille de guêpe dans sa guerite récupère tous nos effets avant que nous filions vers le comptoir-bar de l’entrée à proprement parler de ce temple du truchement. Sur le mur carrelé noir se détache en lettres de lumière rose « Artishow cabaret », Yohan prend notre réservation et nous dirige vers une des créatures qui sera nous mettre à l’aise. Avant de passer dans la salle du diner-spectacle, la photo. Nous posons et c’est parti.

Les dessous chics

La salle est flambant neuve. Des travaux ont été réalisées les mois précédents pour redonner un coup de frais à cette institution et lancer les hostilités des 20 ans du cabaret.  Quatre grandes rangées de tables dressées nous attendent, pour une centaine de places. Nous prenons place sur l’une d’elle. Petite plante, gel hydroalcoolique, espace préconisé entre les groupes. Tout est fait pour garantir les gestes barrières en vigueur depuis l’apparition de l’épidémie de Covid. Les girls qui s’activent à placer les invités du jours ne chôment pas. Perchées sur leurs talents, elles galvaudent entre les tables, s’enquièrent de savoir si tout va bien avec un bon mot, un sourire franc, un geste amical. Nous ne sommes plus des personnes anonymes, nous entrons dans la grande famille du spectacle et celui-ci commence dans la salle. Comme dans tout cabaret, la magie opère d’emblée de toutes parts. Et dire que cette aventure remonte à déjà plus de 35 ans lorsqu’une fois grimés, Pascal alias Framboise et Xavier aka Pétunia, les co-fondateurs du cabaret, performent dans un restaurant dans le XIIIe arrondissement. Le Verdi devient leur terrain d’essai. L’Artishow premier du nom voit le jour. L’amour de la création, du déguisement, de la légèreté, de la parodie les passionnent. Desirless, Jeanne Mass, Mylène Farmer sont au tableau des prestations. L’amateurisme cède la place à l’envie de professionnaliser les choses. L’envie d’aller plus loin, de faire plus, de se lâcher, de s’amuser, d’entrainer le public dans ce délire va se précipiter lorsqu’ils repèrent au 3 d’une ruelle aux alentours de la Place de la Nation, la vente du « Théâtre de Proposition ». Le 1er mai 2002, l’Artishow Cabaret est né. Entourés d’amis, le lieu se métamorphose comme les créatures qui viendront l’animer et lui offrir sa renommée. Tous les proches du duo mettent la main à la pâte, le système D prend le relai. Le lieu prend vie, l’histoire s’écrit en live. Une vraie scène, point névralgique des spectacles est conçue avec soin. L’inauguration est calée le 2 juin 2002 devant un parterre de plus de deux cents personnes.  La machine à rêver est en route.

Euphoria

Retour au show. Pendant que tout le monde s’installe, certains en ont profiter pour consulter la carte des consommations et commander un cocktail afin de trinquer à cette soirée. On ne mégote pas avec les arts de la table. En qualité de restaurateurs, ils savent que la qualité et la renommée d’un lieu de fête ne se gagne que d’en l’équation des prestations qui y sont proposées. Différentes formules sont donc au choix lors de chaque réservation avec ou sans diner et la possibilité de sélectionner le dîner que l’on préfère. Quel qu’il soit, tout est maitrisé, fait de bons produits de saison, cochant aussi la case du local pour associer les commerçants du quartier à l’aventure et donner une touche titi parisien. Le repas s’enchaine dans la bonne humeur. La proximité avec les voisins de tables invite à la discussion… Pendant ce temps, les personnages qui vont s’enchainer sur la scène prennent forme à coup de pinceaux, de blush, de contouring, de rouge à lèvres, de perruques, de collants, de robes, de chaussures. Le burlesque prend le dessus, les imitations physiques se façonnent, les garçons disparaissent pour laisser apparaitre la délicatesse de la courbure de hanches, le gable de jambes, des yeux perçants, l’expression d’un sourire, d’une personnalité qui dans quelques minutes occupera toutes nos attentions. On n’est plus dans l’approximatif des débuts, les spectacles qui depuis des années ont marqué des générations entières de spectateurs relèvent du génie de Xavier Barboteu qui tient la barre.

Double je

Le repas fini, les lumières s’éteignent. La musique galvanise les esprits. Le premier numéro électrise l’assemblée. Démesure de la tenue, énergie communicative, ça promet. Tout est réglé comme une partition de musique de film. Jeu de lumières et de son, tout est scénarisé. Les plus grandes célébrités défilent devant nous, toutes plus bleuffantes les unes que les autres. Mikaela, Galipette, Coco, Antoine, Angel, Catherine et les autres, toute en sincérité, émotion, esthétisme et élégance, nous font voyager. En un instant, nous voici sur le Hall of fame. De la chanson française aux grands hits d ‘Edith Piaf à Michael Jackson, de Cher à Céline Dion en passant par Luz Casal, Camille Lelouch, Clara Luchiani, Juliette, Christophe Willem, Rika Zaraï, Barbra Streisand ou encore Colette Renard… Tout est sublimé. On aborde des sujets à travers les interprétations qui sont d’actualité, on flirte avec le coquin, on frémit sur les trémolos, on vibre sur les souvenirs de gamin. Mais ne vous attendez pas à trouver toutes les égéries que vous pouvez retrouver chez Michou. Ce sont les sensibilités de chacun qui parlent et dirigent le show.  Un tourbillon de paillettes, de glamour, de féminité, de douceur, de plaisir partagé, de bonheur qui vous happe pour ne vous lâcher que deux heures plus tard dans un feu d’artifices. Le quotidien resté à la porte, votre esprit s’est abandonné, aucune reprise des morceaux récrées par ces artistes-chanteurs-danseurs-transformistes ne vous a échappée. L’envie de faire partie du show nous a pris aux tripes. Bien plus qu’un spectacle, c’est la liberté d’être qui résonne partout. Aux saluts, tous regroupés, ce sont après les rires, les applaudissements, les ovations qui les honorent. Devant nous, ces beautés de la nuit vont reprendre le chemin des backstages et retrouver leur vie civile. Mais prenez le temps d’aller à leur rencontre, échangez avec elles, elles prennent le temps en fin de spectacle. Profitez-en !

L’hymne à l’amour

Une ode à l’éphémère qui a été consacrée sur la scène du Casino de Paris en 2018 jusqu’au film documentaire intitulé « Les reines de la nuit » sorti en 2019 nous entrainant dans les arcanes de ce cabaret. Entre les miroirs, confidents privilégiés des transformations physiques opérées chaque nuit de ces héros de la scène aux répétitions pour parfaire les interprétations des personnalités qu’ils incarnent, c’est un travail de longue haleine qui impose la rigueur. Tout est épluché, analysé, étudié pour copier les détails qui rendront la copie aussi fidèle que l’original. Les noms du show-biz de passage se prêtent aussi au jeu et accompagnent en duo les prestations pour le plus grand plaisir de l’assemblée. Bien plus qu’un simple numéro, le professionnalisme de cette troupe, la communion de l’instant, cet univers de célébrités, des tubes incontournables, le génie de ces belles âmes se révèlent chaque soir à un public en quête de sensations, d’émotions et de passion, c’est le théâtre le plus euphorique que vous aurez l’occasion de découvrir à l’Artishow. C’est la promesse d’un moment inoubliable ! Nous chez Strobo, on est fans.

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