Ce préjugé vient du jogo do bicho (jeu de la bête), loto clandestin apparu à la fin du 19ème siècle à Rio, et toujours pratiqué.
Chaque parieur doit choisir une case représentée par un animal, le 24 étant celui du cerf, associé à l’homosexualité dans la culture populaire brésilienne, parce qu’il appartient aux espèces animales dont les mâles peuvent avoir des relations sexuelles entre eux. Et ça va encore plus loin : certains hommes refusent de s’asseoir sur le fauteuil 24 au théâtre ou au cinéma, de vivre dans l’appartement 24 d’un immeuble ou utilisent des bougies 23+1 pour fêter leurs 24 ans. Au début de la saison, seules quatre des équipes de la première division nationale avaient des joueurs portant le numéro 24.
L’ONG Grupo Arco-Iris, qui lutte pour le respect des droits de la communauté LGBT, a pointé du doigt récemment l’absence d’un numéro 24 dans l’équipe de jeunes de Flamengo inscrite lors d’un tournoi. L’association a attaqué le club de Rio de Janeiro en justice, mais l’affaire a été classée, pour absence de preuve de pratique discriminatoire. Habituellement, le problème ne se pose pas, les équipes nationales étant autorisées à amener seulement 23 joueurs lors des tournois.
Mais lors de la Copa America, disputée en 2021 au Brésil, chaque équipe pouvait appeler jusqu’à 28 joueurs, en raison de la pandémie de Covid. Toutes les sélections se sont présentées avec un numéro 24, sauf le pays-hôte.