Être une personne vivant avec le VIH expose souvent à subir d’autrui, et même parfois de proches (ami.es, collègues de travail, membres de la famille, partenaires sexuels voire conjoint) des discriminations au quotidien - jugement, méfiance, frein à l’emploi et à l’accès aux soins, etc. - rassemblées le plus souvent sous le terme de sérophobie. La sérophobie, et ses différents modes d’expression, traduit de la part de celui ou celle qui la pratique une peur irrationnelle du VIH et de ses modes de transmission, une angoisse souvent due à une méconnaissance du fonctionnement du VIH, des progrès thérapeutiques et du quotidien des personnes vivant avec le VIH. La sérophobie peut ainsi s’exprimer de différentes manières, elle peut être institutionnelle (une banque refusant d’accorder un crédit par exemple), médicale (certains professionnels de santé rechignent à soigner les patients vivant avec le VIH) ou communautaire (subir des réflexions négatives, insultes ou rejets sur les applis de rencontre lors de l’annonce de sa séropositivité). Des discriminations qui persistent aujourd’hui, blessent profondément les personnes vivant avec le VIH et peuvent avoir des effets secondaires sur leur santé physique et morale. Il est nécessaire de rappeler que la sérophobie est considérée au niveau de la loi comme une discrimination. Toute victime de sérophobie est donc en droit d’aller porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Si vous êtes victime de sérophobie sur votre lieu de travail, il est conseillé de le signaler aux ressources humaines, à l’Inspection du travail ou de saisir les Prud’hommes. Des associations de lutte contre le VIH peuvent vous conseiller et vous accompagner dans ces démarches juridiques comme vous permettre d’échanger et de partager l’expérience de personnes vivant avec le VIH qui elles aussi ont souffert de sérophobie.