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Edito Strobo #3 septembre/octobre 2019 : diversités

Franck Desbordes

Avant même que Strobo mag n’existe, il nous était cher de concevoir un outil au service de toutes les diversités et du vivre-ensemble. Progressivement, au fil des numéros, nous sommes en train d’y parvenir.

Ainsi, vous découvrirez dans nos pages quelques rendez-vous et reportages photos qui illustrent parfaitement notre démarche avec des soirées où lesbiennes, gays, bi(e)s, personnes trans, queers, créatures, et hétéro(e)s se retrouvent tous ensemble, sans étiquette, juste dans la joie de faire la fête ensemble. Parce que franchement, socialement, peu importe l’orientation sexuelle de son voisin ou de ses ami(e)s !

Nombre de nos lieux de fête sont d’ailleurs aujourd’hui dans une démarche totalement inclusive. Avec des gays et des hétéros gay-friendly à l’aise dans des soirées majoritairement lesbiennes ou au contraire des filles désormais facilement acceptées dans certains de nos lieux historiquement gays. Ces multiples réussites donnent raison et sens à ces quelques entrepreneurs audacieux qui n’hésitent pas à prendre des risques et casser les codes établis.

C’est aussi la conséquence heureuse de l’évolution de la loi. « Autrefois » (il n’y a pas si longtemps que cela), certains bars, restaurants ou agences de voyages s’affichaient « gay friendly ». Au restaurant, les couples LGBT pouvaient ainsi se toucher la main à table sans se faire insulter ou presque… Mais heureusement au fil des lois : Pacs, lutte contre l’homophobie, mariage pour tous, PMA bientôt … c’est toute la société qui a évolué sur les sujets. Même si l’on déplore des agressions verbales et physiques en hausse, le climat social et politique est malgré tout très différent.

Mais alors à l’heure où « gay friendly » n’a plus d’accent revendicatif, le Marais à Paris ou les Marches des Fiertés servent-ils encore à quelque chose ? Oui évidemment, ils servent à rappeler des combats, à définir le périmètre de nos valeurs, dire que nous sommes là et affirmer notre volonté justement de vivre ensemble dans l’espace public.

A notre tour maintenant, nous devons être un peu plus « LGBTQIphiles » et « hetero-friendly » en ouvrant plus encore la porte de certains de nos lieux de fête, pour plus de diversités justement, et donc plus de fête. Tout en gardant des lieux fortement identitaires pour vivre individuellement nos propres identités, c’est nécessaire et cela le restera.

C’est cet équilibre qu’il nous faut trouver.

Franck Desbordes, Directeur de la publication

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