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la course à la mairie de paris

Rémi Calmon

A l’approche des élections municipales, le SNEG & Co a rencontré plusieurs candidats inscrits dans la course à la Mairie de Paris.


Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs sont appelés aux urnes pour élire leurs maires. Pour le SNEG & Co, qui compte une centaine d’adhérents sur Paris, la mairie centrale et ses mairies d’arrondissements sont des interlocuteurs incontournables, et réciproquement. Même si ses compétences sont partagées avec celles de la Préfecture de Police, la Ville de Paris est un acteur majeur dans la vie quotidienne des commerçants qui gèrent vos lieux de sorties et de fêtes. Aussi, nous avons entrepris de rencontrer les candidats entre janvier et la mi-février 2020.

Syndicat apolitique au regard de la diversité d’opinions qui doit certainement se proposer parmi ses adhérents, nous n’avons pas à nous prononcer, ni encore moins à donner de consigne de vote aux professionnels que nous représentons. Cette consultation a pour vocation d’informer les adhérents sur les propos des candidats qui ont été rencontrés tour à tour. Au fil des échanges, les mêmes questions leur ont été posées, par Olivier Robert, président du SNEG & Co et moi-même, parfois accompagnés d’administrateurs ou d’adhérents.

Ne pouvant rencontrer tous les candidats, nous avons opté pour des entretiens avec les listes présentant un candidat dans l’arrondissement désormais nommé Paris Centre qui désormais regroupe les  1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements. Cette décision a été motivée par la très forte présence d’adhérents dans ces quatre arrondissements. Toutefois, que l’entretien se soit déroulé avec le candidat à la mairie centrale (qui est lui-même candidat dans un arrondissement) et/ou avec le candidat à la mairie de l’arrondissement Paris Centre, les réponses apportées à nos questions relèvent de leurs projets respectifs  pour Paris à l’échelle de la ville toute entière.

Les rencontres ont été organisées dans un établissement adhérent, soit au Café Voulez-Vous soit au Ju’, avec 5 des 6 listes engagées pour la Mairie de Paris et présentant un candidat déclaré dans l’arrondissement Paris Centre à la date du 6 février au plus tard. Par ordre patronymique alphabétique, nous avons reçu : 

- Rachida Dati (LR) tête de liste «Dati pour Paris-Engagés pour changer Paris» et Aurélien Véron, candidat de Paris Centre, rencontrés le 8 février.

- Raphaëlle Rémy-Leleu (EELV) candidate de Paris Centre pour «L’écologie pour Paris», le tête de liste David Belliard n’était pas présent, rencontrée le 12 février.

- Pacôme Rupin (LREM) candidat de Paris Centre pour «Paris ensemble», le tête de liste d’alors Benjamin Griveaux n’était pas présent, rencontré le 12 février.

- Cédric Villani (dissident ex LREM) tête de liste pour «Le nouveau Paris» et Anne Lebreton, candidate de Paris Centre, rencontrés le 16 janvier.

- Ariel Weil (apparenté PS) tête de liste pour «Paris en commun», Anne Hidalgo n’était pas présente car non encore déclarée lors de la rencontre du 9 janvier.

Sollicitée, la liste « Parisiens, Parisiennes » menée par Gaspard Gantzer avec Benjamin Dijane pour candidat de Paris Centre n’a pas répondu à temps pour notre bouclage. 

Nous n’avons été informés que trop tard des autres listes présentant un candidat pour Paris Centre pour la prise de rendez-vous et ce même bouclage. Il s’agit de Patricia Pol (« Décidons Paris » - LFI menée par Danièle Simonnet), Michël Bullara (« Libres ! » dissidence LR menée par Pierre Liscia), Christiane Chavane (« Aimer Paris » - RN menée par Serge Federbusch) et Singrid Campion (« Libérons Paris » menée par Marcel Campion).

Les questions que nous avons posées sont issues d’un questionnaire adressé aux adhérents du SNEG & Co. Dans la perspective de ces rencontres, il a été demandé à nos affiliés parisiens de faire connaître les sujets sur lesquels ils désiraient interpeller les candidats par notre intermédiaire. Finalisé par Olivier Robert et moi-même, interlocuteurs référents du SNEG & Co dans les contacts avec la Ville, le questionnaire type a été constitué de la manière suivante : un enchaînement de sujets, souvent liés et dans une continuité, autour des préoccupations des exploitants de bars, restaurants, clubs et autres Etablissements Recevant du Public et qui, de manière indirecte, concernent aussi les lecteurs de « Strobo mag », clients de ces établissements.

Préservation du tissu commercial LGBT :

face à la disparition progressive de nombreux établissements, insuffisamment compensée par la création de nouveaux lieux, entendez-vous préserver ce tissu ?Spéculation immobilière :

gentrification, installation d’enseignes de luxe, les commerces LGBT, à l’image Des mots à la Bouche, souffrent de l’inflation des loyers commerciaux et des assauts des grandes enseignes, que faire ?

Terrasses chauffées :

à l’heure où le sujet fait débat au niveau national, après la décision de la ville de Rennes qui a interdit les chauffages en terrasse, quelle est votre position à ce sujet ?Relations voisinage :

les questions de nuisances sonores ou olfactives, les terrasses, sont depuis toujours au centre de relations parfois difficiles entre commerçants et riverains. Comment comptez-vous les gérer ?

Rainbow flag :

la mise aux couleurs d’éléments d’urbanisme (passages piétons, plaques de rues, potelets…) pour les Gay Games et l’affichage pérenne du rainbow flag ont suscité bien des controverses, qu’en pensez-vous ?

Politique de la nuit :

presque dix ans après les Etats Généraux de la Nuit qui dénonçaient une ville musée, un Paris nocturne qui meurt en silence, quelle politique de la nuit entendez-vous mener ?

Police de la ville :

le transfert de compétences entre préfecture et mairie a permis le déploiement d’une police (pas encore qualifiée de « municipale ») qui pose actuellement problème au regard de son absence de formation et de prise en compte des spécificités de nos métiers. Quelle police de la ville envisagez-vous ?

Insécurité :

les chiffres de la délinquance ont augmenté en flèche, les agressions LGBT également, le SNEG & Co a initié une pétition de ses adhérents sur ce sujet, que comptez-vous faire en la matière ?

Circulation et stationnement :

la fréquentation des commerces est entravée par la saturation de la circulation et du stationnement. Transports en commun, métro de nuit, stationnement payant des 2 roues… qu’entendez-vous faire ?

« Message » aux LGBT :

pour terminer, quel « message » désirez-vous adresser à la population LGBT parisienne ?

Après la rencontre, chaque candidat a été invité à une relecture du compte-rendu intégral de ses propos. Dans les pages à suivre, nous vous invitons à lire un condensé des réponses apportées par chacune et chacun (par manque de place sur le format papier). Ce condensé, nous l’avons voulu le plus fidèle possible à la totalité des propos, sans commentaire, sans prise de position.

L’intégralité des propos de tous les candidats est à retrouver sur www.snegandco.fr.

Le SNEG & Co remercie l’ensemble des candidat(e)s ayant accepté de se prêter à ces rencontres qui ont été autant de moments de dialogues privilégiées .

 

Rencontre Rachida Dati

Préservation du tissu commercial LGBT :

il faut garder les identités des quartiers. On assiste à une vitrification commerciale qui stérilise son identité, il doit conserver son caractère transgressif et festif. Il a souffert des manifestations et il faut donner aux gens l’envie d’y revenir.

Spéculation immobilière :

la liberté d’entreprendre répond à ses propres règles, les moyens d’agir sont très limités et la ville, si elle peut parfois préempter, n’a pas vocation à se transformer en fonds d’investissement. Toutefois, il y a des endroits où on peut préserver une identité, cela passe par la régulation et l’encadrement.

Terrasses chauffées :

il vaudrait mieux ne pas chauffer l’extérieur mais on ne peut pas se prononcer d’autorité et il faut anticiper les alternatives. Il y aura une concertation avec tous les établissements, une tolérance pour prendre en compte le contexte difficile auquel ils ont été exposés. Je suis d’ailleurs très surprise par la position des professionnels qui sont eux-mêmes très partagés sur le sujet.

Relations voisinage :

la cohabitation pose de plus en plus de difficultés mais cela ne vient pas uniquement des débits de boissons. Nous prévoyons d’ailleurs d’expérimenter une interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique la nuit, notamment sur les berges. Il faut mieux cohabiter. Cela passe par des médiations, même si elles sont menées avec fermeté, avec des référents en mairie, par secteur dans chaque arrondissement, selon la nature de l’activité, la densité commerciale.

Rainbow flag :

il y a un côté rainbow washing qui masque l’inertie sur d’autres sujets plus importants. Ces bandes arc-en-ciel ont un côté ludique, aussi un peu folklorique qui peut irriter certains habitants. Une concertation avec la mairie du 4eme et les conseils de quartier avant leur mise en place aurait été la bienvenue. Nous pourrons en rediscuter à l’avenir dans le cadre de réflexions plus larges sur la préservation des spécificités du quartier.

Politique de la nuit :

il faut faire attention aux comparaisons faites avec les autres métropoles européennes qui ont souvent des quartiers festifs, ceci n’est pas possible à Paris. Le festif, ça s’organise, sur le sujet des nuisances mais aussi sur celui de propreté. Les commerces doivent faire partie des discussions qui s’installeront.

Police de la ville :

sa vocation n’est pas de harceler les commerçants et les artisans mais de pratiquer la médiation avant la sanction. Mais on doit clairement recadrer ses missions : lutter contre les incivilités, la délinquance, les agressions dont sont victimes notamment les gays. Cette police doit être armée et doit recevoir une formation.

Insécurité :

il n’y pas de débat : une agression, une discrimination, ça relève du pénal. Avec le Procureur de la République et le Préfet de Police, le maire est un rouage essentiel à la sanction qui relève de la politique pénale pour tous les faits de délinquance et d’atteinte à la sécurité.

Circulation et stationnement :

nous ne rendrons pas le centre de Paris piéton, nous préférons mener ponctuellement des opérations de piétonisation. Pour le métro de nuit, on peut imaginer une ouverture en fin de semaine de certaines lignes et certaines stations.

« Message » aux LGBT :

la lutte contre les discriminations est un combat de longue date au regard de mon propre parcours. Je veux vivre dans une ville où chacun peut assumer qui il est, y compris son orientation sexuelle. Chacun doit pouvoir vivre comme il le veut. Ce qui m’importe, c’est la liberté.

Retrouvez l’intégralité des propos de Rachida Dati et Aurélien Véron sur www.snegandco.fr   

 

Rencontre Raphaëlle Rémy-Leleu

 

Préservation du tissu économique LGBT :

le centre de Paris est victime d’une « disneylandisation » qui profite moins aux habitants, au détriment des petits lieux traditionnels. Il faut adopter une politique qui permette de les préserver et de les développer. Or, qui connaît le mieux le tissu économique de son quartier que le maire d’arrondissement ? Il faut donc relocaliser le pouvoir de décision, renforcer sa puissance de plaidoyer.

Spéculation immobilière :

il faut changer de discours sur la ville dite attractive et ce n’est certainement pas une galerie d’aéroport dans les rues qui convient. On est parfois un peu timorés sur le sujet, il faut réviser le PLU (Plan Local d’Urbanisme, ndlr) en créant des zones de protection du patrimoine et de l’artisanat. Face au risque d’hyper tourisme, il faut lutter contre l’artificialisation, élargir le champ aux lieux de patrimoine.

Terrasses chauffées :

l’interdiction aura un effet sur la pratique des consom-mateurs. L’accompagnement des professionnels est indispensable. Récupérer les données est une première étape. Trouver des commerces volontaires pour une expérimentation en est une autre. Nous nous donnerons le temps nécessaire, dans la lutte contre le gaspillage d’énergie, les terrasses ne sont pas une priorité.

Relations voisinage :

nous rajouterons des lieux de rencontre pour créer du lien et donner un pouvoir de saisine au conseil d’arrondissement. Il faut une objectivisation de la nuisance. Elle est certainement une réalité pour ceux qui sont en proximité immédiate. Pour les nuisances sonores, avec un fonds d’aides, la mairie peut participer au plan de renouvellement technique thermique et du même coup sonore pour isoler les logements.

Rainbow flag :

je trouve ça très bien. Je connais les oppositions mais je crois que ça ne fait de mal à personne et du bien à beaucoup. La mairie a profité de ce dispositif pour se valoriser auprès d’une communauté ; le symbole c’est bien mais ce n’est pas une politique, ça ne dissimule pas le reste qui n’est pas fait.

Politique de la nuit :

la principale question, c’est celle de la sécurité, que la nuit soit accessible à tous. Il faut trouver une valorisation de certains secteurs, travailler avec l’Office de Tourisme, avec vous, sur des événementiels, des parcours d’attractivité. On ne fera pas de Paris une capitale de la night en deux temps mais on peut inventer un modèle spécifique.

Police de la ville :

sur ce sujet, nous assistons en ce moment à un jeu d’acteurs délétère qui ne se fait pas au profit des parisiens. Nous ne souhaitons pas une police municipale mais une brigade de sécurité et de tranquillité publique en charge des infractions. Nous devons remettre des agents dans la rue, qui auront reçu une formation spécifique. Ils ne seront pas armés, ce n’est pas le même métier et ça produit un effet anxiogène.

Insécurité :

nous devons rétablir de vrais échanges avec la Préfecture de Police qui elle, doit récupérer et repacifier l’espace public. Il y a un manque d’effectifs de la police nationale à récupérer par des leviers politiques mais aussi le problème des agents qui sont éloignés du cœur de leur mission que sont les crimes et les délits.

Circulation et stationnement :

nous connaissons la demande d’une ouverture du métro la nuit mais il faut prendre en compte le facteur pénibilité. Il faut accompagner la mobilité notamment pour les livraisons des commerçants. Sur le stationnement des deux roues, un principe de tarification du stationnement serait légitime.

« Message » aux LGBT : 

j’aurai tellement à dire… !

Retrouvez l’intégralité des propos de Raphaëlle Rémy-Leleu sur www.snegandco.fr   

 

Rencontre Pacôme Rupin

Préservation du tissu économique LGBT :

nous avons un problème de perte d’habitants, ce qui affecte la vitalité commerçante. La Semaest a fait un beau travail mais nous voulons créer une nouvelle société d’économie mixte dans Paris Centre pour lutter contre la mono activité, garder les commerces indépendants qui font l’histoire et la tradition des quartiers.

Spéculation immobilière :

la situation dans le centre de Paris est critique. Nous avons conscience du problème des augmentations de loyer en fin de bail commercial. J’ai été adjoint au Commerce et j’ai aussi beaucoup travaillé en qualité de député sur ce sujet pour combler le manque d’outils et de moyens de régulation pour conserver les commerces indépendants.

Terrasses chauffées :

seul le chauffage électrique peut être conservé. Il  répond au bilan carbone le plus pauvre. Je sais que beaucoup de gens apprécient d’être en terrasses et le chauffage fait partie de l’attractivité de certains établissements. Je ne veux pas opposer économie et écologie, on peut aussi imaginer un moyen de régulation, par exemple que les chauffages ne soient autorisés qu’une partie de la journée.

Relations voisinage :

ma position, c’est le respect de la loi. J’ai moi-même fait des médiations qui se sont très bien finalisées. Dans chaque mairie d’arrondissement, nous mettrons en place un référent pour faire le lien entre commerçants et riverains. Je sais qu’on en demande trop aux gérants. Pour autant, j’assume l’amendement que j’ai proposé (il  simplifie la procédure de sanction administrative, ndlr).

Rainbow flag :

il y a des communautés dans notre pays, elles ont leur place, mais je fais la différence entre espace public et lieux communautaires. Ce dispositif n’était pas forcément une bonne idée. Cela dit, il serait très compliqué de revenir dessus. La question qui se pose est : est-ce en phase avec les principes républicains ? Quoi qu’il en soit, je ne ferai pas un totem de ce sujet.

Politique de la nuit :

l’attractivité est liée à l’offre, la vraie question est de savoir dans quels lieux peut se tenir la fête. Il y a énormément de nouvelles soirées, preuve que le sujet est entre les mains de ceux qui veulent entreprendre. Il faut aussi regarder ce que la Ville de Paris peut faire pour promouvoir son attractivité nocturne, et ce qui fonctionne à l’international.

Police de la ville :

la police municipale aura vocation à tranquilliser et sécuriser l’espace public. Aujourd’hui, il n’existe pas de vraie police municipale, ce sont des agents de la ville qui n’ont reçu aucune formation. Sur la lutte contre les discriminations, les agressions homophobes, nous sensibiliserons les agents. Nous voulons une police armée, une vraie police.

Insécurité :

je suis pour une fermeté absolue face aux actes de délinquance, aux agressions sur la personne. Le refus de dépôt de plainte quand on a été victime d’une agression est inacceptable. Dans chacune des quatre mairies d’arrondissement, nous mettrons en place des services de proximité, notamment une antenne de police et un agent administratif sur le sujet des discriminations.

Circulation et stationnement :

ces sujets doivent être étudiés avec les riverains et les commerçants pour éviter l’impact sur leur vie quotidienne. Nous n’interdirons pas le centre aux voitures. Il n’est pas normal dans une grande capitale de ne pas disposer de quelques lignes de métro ouvertes la nuit. Concernant les deux roues motorisées, nous n’envisageons pas de stationnement payant.

« Message » aux LGBT :

ma principale préoccupation, c’est la lutte contre la violence, les agressions à caractère homophobe. Sur ce sujet, il faut être volontaire, améliorer la sécurité pour permettre à chacun d’être qui il est.

Retrouvez l’intégralité des propos de Pacôme Rupin sur www.snegandco.fr   

 

Rencontre Cédric Villani

 

Préservation du tissu commercial LGBT :

nous sommes très attachés à garder la vie gay des arrondissements concernés. Le Marais est un lieu de patrimoine et d’histoire. Nous portons d’ailleurs un projet qui irait plus loin que celui des Archives LGBT qui ne semble guère satisfaire.

Spéculation immobilière :

il faut élargir la Semaest (Société d’économie mixte de la Ville de Paris spécialisée dans la revitalisation du commerce et de l’artisanat de proximité, ndlr). Il ne peut y avoir de mono activité, sur des commerces d’habillement, voire de luxe, il faut un dispositif spécifique au service de l’esprit gay du quartier.

Terrasses chauffées :

nous sommes plutôt contre, cela participe d’une démarche de sobriété énergétique. C’est à la fois une mesure symbolique mais aussi de santé publique. Bien d’autres pays les ont déjà interdites. On retrouvera les clients à l’intérieur des établissements et pour ceux qui resteront en terrasses, l’exploitant ou la ville elle-même, peut fournir des plaids.

Relations voisinage :

tout est question de médiation, il faut se reposer sur une architecture humaine pour établir des diagnostics et travailler sur les actions. L’enjeu est d’éviter d’aller au conflit. Nous proposons dans chaque arrondissement la mise en place d’un guichet unique pour les commerçants et les artisans. Ce sera un outil de proximité qui viendra renforcer les actuelles commissions de débits de boissons existantes dans certains arrondissements.

Rainbow flag :

il n’y a pas de sujet : nous sommes pour et d’ailleurs à l’époque, j’ai voté le dispositif de mise aux couleurs du rainbow flag pour les passages piétons ou les plaques de rues dans certaines zones.

Politique de la nuit :

Paris a besoin de vivre davantage la nuit même s’il faut nuancer par quartier, en tenant compte de la densité de population. Nous avons notamment un projet de carnaval dans l’esprit de celui de Nothing Hill. Toutefois, la question de la pollution sonore demeure, pas uniquement celle créée par les établissements mais aussi par les véhicules, les sirènes…

Police de la ville :

il y a tant de problèmes de sécurité à Paris qu’on comprend difficilement qu’on puisse s’attacher à la verbalisation des établissements. Le problème de l’actuelle police de la ville, c’est son absence de formation, la répartition des compétences. Il faut assurer un continuum de sécurité entre effectifs de la Ville et de la Préfecture. Nous sommes sur une position intermédiaire qui prévoit d’armer ou non selon les compétences.

Insécurité :

Paris souffre d’insécurité. Il faut plus encore se reposer sur la vidéosurveillance, sur un renforcement des effectifs. Les établissements, surtout la nuit, participent à la sécurité. La Police doit être formée aux sujets LGBT, elle doit non pas avoir une personne dédiée (référence à l’officier de liaison, ndlr) mais se déployer dans les quartiers exposés aux agressions homophobes.

Circulation et stationnement :

selon la possibilité de garantir la réalisation des opérations de travaux de maintenance, nous sommes pour une ouverture du métro la nuit, même si l’expérimentation en cours se montre plutôt décevante.

« Message » aux LGBT :

Paris a vocation à être une ville LGBT friendly. Toutes les communautés doivent s’y sentir à l’aise. Toute bonne idée culturelle, sociale de l’une d’elles doit être portée par l’autorité municipale. Le danger serait de cloisonner si ces communautés venaient à ne pas se parler entres. Oui à un Paris villages, non à un Paris ghettos.

 

Retrouvez l’intégralité des propos de Cédric Villani, Anne Lebreton et Patrick Rebourg sur www.snegandco.fr   

 

Rencontre Ariel Weil

 

Préservation du tissu commercial LGBT :

le Marais restera un quartier gay et j’y suis très attaché mais une évolution sociologique fera qu’il ne sera plus en singularité et que les lieux LGBT vont se diffuser partout dans Paris.

Spéculation immobilière :

les outils légaux dont nous disposons sont très faibles au regard de la liberté d’entreprendre. Un de nos engagements de campagne consiste à étendre le dispositif de préemption à Paris Centre. La situation est d’autant plus frustrante que des locaux privés restent inoccupés comme ceux de l’ex Spyce.

Terrasses chauffées :

il y a eu un débat au Conseil de Paris, la majorité a rejeté la proposition des Verts qui ne comportait pas de réflexion économique. Je ne vais pas vous répondre de donner des couvertures, il faut étudier le sujet avec les intéressés, réfléchir à des solutions alternatives, mais je ne vois pas comment continuer comme ça pendant encore des années car c’est une aberration écologique.

Relations voisinage :

j’habite moi-même au-dessus d’un café, je connais donc bien le sujet. Ce n’est pas spécifiquement un sujet communautaire et par ailleurs, les problèmes ne concernent qu’un petit nombre d’établissements. Je suis pour le dialogue en conseil de quartier, avec les exploitants que je connais bien. Mais on ne peut pas tout attendre des autorités, aussi j’encourage les exploitants à discuter avec leurs riverains dont les demandes sont de plus en plus nombreuses, exigeantes, et je suis prêt à faciliter les mises en relation.

Rainbow flag :

à défaut d’avoir pu donner mon accord (à leur réalisation, ndlr), j’ai estimé que leur mise en place ne devait pas être pérenne. Mais quand ils ont été dégradés, j’ai dit, avec la Mairie de Paris : « là où il y en avait un, mettons-en deux ». Seulement, on frise le ridicule quand il y en a trop. Il ne faut pas tomber dans le rainbow washing.

Politique de la nuit :

Paris a déjà largement rattrapé un certain retard. La vie nocturne s’est développée dans de nouveaux quartiers, nous avons ouvert les parcs et jardins aussi. Il faut continuer sur cette voie mais sans oublier que la nuit festive doit rester compatible avec les gens qui veulent dormir.

Police de la ville :

il y a une augmentation des contrôles et des verbalisations des commerçants et je confirme que c’est le boulot du maire de pointer là où ça va mal et où ça va bien. Il faut rendre cette police plus humaine, mieux formée. Je suis pour une police municipale mais non armée, qui n’a pas les mêmes prérogatives que la police nationale qui doit rester responsable de la sécurité de tous les citoyens.

Insécurité :

c’est le sujet de la police nationale qui ne s’engage pas suffisamment face aux agressions, au trafic de stupéfiants, par exemple sur la rue du Temple. Le regroupement des commissariats doit permettre d’avoir plus d’agents sur le terrain tout en gardant des lieux de dépôt de plainte dans les quatre arrondissements.

Circulation et stationnement :

il faut diminuer la circulation, celle de transit principalement, revoir le schéma de circulation dans Paris Centre, le laisser accessible aux livraisons mais y réduire la vitesse à 20 km/h. Il faut plus de stationnement pour les vélos.

« Message » aux LGBT :

les quartiers sont des villages de protection, le Marais où nous avons inauguré de nombreuses plaques commémoratives de personnalités gays doit rester un refuge parmi une identité multiple, je le défends coûte que coûte, j’y suis attaché comme à la lutte contre toutes les discriminations.

 

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