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Gros est Beau, une exposition des Ours de Paris contre la grossophobie

Les Ours de Paris

L’idée de l’exposition Gros est Beau est venue de l’annulation de la Fierté Ours Paris en 2020 pour cause de Covid-19. Cet événement annuel, dont le point d’orgue est l’élection de Monsieur Ours, est d’ordinaire un prétexte pour se réunir, se fêter. Il offre aussi de la visibilité joyeuse et fière. Nous ressentions un manque. Alors, à défaut de pouvoir nous retrouver, nous avons demandé à des artistes de produire des images pour qu’elles et qu’ils expriment leur vision de la beauté des corps gros et affirment ensemble que « Gros est beau ». La seule contrainte : le format 30 cm x 30 cm.


Nous associons régulièrement à nos événements un.e artiste pour qu’il ré-interprète les codes des Ours. La vision des artistes permet de ne pas rester coincé dans des représentations pleines de clichés. Les Ours ont besoin de pouvoir s’identifier à des images positives, de ne pas être dans l’invisibilisation. Parce qu’en 2021, la grossophobie est toujours d’actualité. Parce que l’art est une manière de redéfinir les codes du beau.

26 artistes, de tous horizons esthétiques et géographiques participent à cette exposition. Certain.es nous ont déjà accompagnés lors de précédents événements comme la Fierté Ours. Nous nous sommes aussi ouverts à d’autres univers en contactant des artistes dont le point de vue nous semblait intéressant et singulier. Ces artistes sont : Christine Godeau, Cozaz, Frands Gabriel, FullMano, Iannis G., Jérôme Galvin, Jim Jim Bear, Kinkatelier, Madame de Grognasse, Maïc Batmane, Marcus McAllister, Mathias Casado Castro, Môh, Monsieur Gac, Nicolas Maalouly, Perlouze, Rachel Easterman-Ulmann, Robert Escalera, Romy Alizée, Rosebutch, Samouraï de Coke, Soves Deir Rorge, Suso, Tagame, Tiberiu Capudean, Tom de Pekin.

Au départ, l’exposition devait se dérouler au Bears’den, en novembre 2020. Elle aura lieu là-bas dès que les conditions sanitaires le permettront. Pour le moment, l’expo sera donc visible uniquement en ligne sur les réseaux sociaux des Ours de Paris : Facebook, Instagram, Youtube, Twitter. Nous avons commencé à diffuser, depuis le 17 mars 2021, les portraits vidéos des artistes participants. Chaque semaine, nous publions ainsi 2 à 3 interviews. C’est l’occasion pour les artistes de parler de leur travail, de raconter leur œuvre, mais aussi de partager leur vision de la grossophobie et de la beauté des corps gros. L’intégralité des œuvres sera ensuite dévoilée sur nos réseaux sociaux pendant la semaine de l’Ascension du 12 au 15 mai, semaine durant laquelle nous aurions dû organiser la Fierté Ours Paris 2021. L’exposition va s’accompagner d’un catalogue, disponible sur commande auprès de l’association, dans les bonnes librairies et les lieux partenaires dès leurs réouvertures.

Si cette exposition permet de découvrir des univers artistiques et esthétiques très différents, elle trouve aussi sa nécessité dans une volonté de lutter contre les discriminations. Il aura fallu attendre 2012 pour que le terme « grossophobie » soit reconnu officiellement dans la langue française et fasse son entrée dans les dictionnaires. Il en a fallu du temps. Et on le sait, tant que rien n’est nommé, cela n’existe pas sans que cela n’empêche la violence et la souffrance.

Aujourd’hui, tout comme pour la presse destinée aux femmes, la presse destinée aux hommes est très normative. Jusqu’à récemment, la visibilité des corps gros n’y avait pas sa place. Cela renvoie à cette norme destructrice qui veut que les corps différents ne doivent pas exister ni être valorisés. Et concernant les corps gros, ça se mélange avec l’argument de « bonne santé ». C’est important de nous montrer car nous n’en pouvons plus de devoir nous excuser d’exister.

Du reste, le milieu gay lui-même n’est pas exempt de ce qui traverse la société : on y trouve aussi malheureusement de la grossophobie, du racisme, du sexisme… Mais les Ours font partie du milieu gay. C’est dans ce milieu, cette communauté, qu’a été élaboré cet espace safe qui permet d’accueillir et de valoriser les corps gros et ceux qui les aiment.

 

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