Le célèbre club berlinois est l’objet d’étude d’un livre à la fois sociologique et descriptif.
En débarquant à Berlin en 2013, l’universitaire Guillaume Robin s’est retrouvé aspiré, comme beaucoup, par le vortex nocturne de la mégalopole allemande : le Berghain. Une ancienne centrale électrique reconvertie en club techno en 2003, et dont la réputation a désormais franchi les frontières au point de devenir presque un mythe. Discothèque à la programmation musicale pointue et sans concession, célèbre pour ses marathons de plus de trois jours de fêtes et de décadence, son interdiction des iPhone, appareils photos et autres caméras, sa darkroom où filles et garçons, hétéros et homos, se mélangent dans la plus grande des décontractions, le Berghain est devenu un temple des bacchanales modernes, une parenthèse de liberté dans une société restrictive, un lieu où on laisse sa construction sociale au vestiaire. C’est au cœur de ce vortex de la fête, où drogues, sexe et musiques se mélangent dans un même élan, que Guillaume Robin a chaussé ses lunettes d’observateur et de scrutateur. Son «Berlin Bacchanales», en forme de petit livre passionnant, est une observation sans fard des pratiques physiques et mentales quasi rituelles qui agitent tous les week-end ce paradis dédié aux plaisirs sous toutes ses formes.
Guillaume Robin : « Berlin Bacchanales» (Éditions Le Murmure)