La rentrée, c’est à Bruxelles que ça se passe ! Précurseurs avec leurs strictes consignes sanitaires au sortir du déconfinement, les belges vont accueillir Marc Martin - à partir du 18 septembre à LaVallée - et c’est un évènement à double titre. D’abord, parce que cette programmation annonce que les organisateurs à Bruxelles sont aussi les premiers à reprendre des initiatives (le domaine de la culture et de l’évènementiel ont été des plus impactés).
Ensuite parce que Marc Martin, artiste déviant dans toute sa longueur, se retrouve aujourd’hui dans la ligne de mire des autorités sanitaires. « LES TASSES », son expo à contre-courant des tendances, le pousse (malgré lui ?) au cœur de l’actualité Covid-19 ! Démonstration.
Glory Hole et tasse de thé…
Certes, l’œuvre de Marc Martin - en raison de la diversité des pratiques qui y sont joyeusement exposées – a toujours été boudée par un certain nombre de porte-paroles « bon chic-bon genres » de la communauté parisienne. (Un paradoxe puisque leur rôle est bien de donner de la visibilité à toutes les couleurs de l’arc en ciel, y compris celles qui font tâche dans leur beau décor, mais ça c’est une autre histoire)…
Ainsi son exposition « LES TASSES » qui retrace 100 ans d’histoire gay à l’abandon, remporte un succès inattendu et international. Jugées sales, sordides et surtout malsaines, les rencontres notoires dans les pissotières ont toujours été stigmatisées. D’autre part, à l’époque où l’homosexualité devait se vivre clandestinement, les toilettes publiques étaient souvent pourvues de trous dans les murs des cabines pour permettre d’avoir des rapports sexuels furtifs, séparés par des cloisons, échappant ainsi aux contrôles policiers. Pas très glorieux en apparence. Même si on les appelle les « glory holes ». Un bordel digne de ce nom aujourd’hui ne fera pas l’impasse sur une série de cabines trouées au niveau de l’entre-jambes. Et puis voilà que le glorieux trou se voit aujourd’hui préconisé par des autorités sanitaires pour éviter la transmission du coronavirus !!! Non, ce n’est pas une blague, vérifiez sur Google : Glory hole et COVID-19 : « comment pimenter sa vie sexuelle tout en limitant les risques de transmission du coronavirus ? » titre un grand quotidien cet été.
Coup de bol pour Marc Martin, son nouveau fascicule (à lire en complément des « tasses » paru cet hiver) se penche justement sur l’histoire interlope des glory holes dans le paysage urbain depuis le XIXème siècle. Documents d’archives et photos explicites à l’appui. Une aubaine aussi pour l’expo à Bruxelles (qui se visitera en mode masqué). Son installation glory hole au centre d’Art alternatif contemporain, risque bien d’être le clou de la rentrée ! Et raccord en termes d’actualité. Lui qui d’habitude revendique la transgression comme un moteur de sa créativité, ça risque d’être loupé pour le coup : « sortez masqués mais profitez du glory hole de Marc Martin à LaVallée : c’est safe niveau Covid-19 ! » Allez hop, tous dans le Thalys, nous on fonce à Bruxelles…
Marc Martin, « Les tasses, toilettes publiques – affaires privées »
Exposition gratuite à LaVallée – Bruxelles (39, rue Adolphe Lavallée, 1080 Bruxelles).
Proposée par le PrideFestival Brussels du 18 septembre au 3 octobre 2020.
Marc Martin, « Gloy hole, le trou noir des tasses »
Fascicule de 36 pages, disponible notamment à la librairie Les mots à la bouche » 37 Rue Saint-Ambroise 75011 Paris.
Sur le même sujet : Hommage aux pissotières : un livre et une expo de Marc martin